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À gauche, la douche froide de la rigueur

Les efforts demandés par Hollande et Ayrault, face à une croissance atone, inquiètent dans la majorité.

Depuis l’Inde où il a passé 48 heures en fin de semaine dernière, François Hollande a appelé le secrétaire général de l’Élysée, Pierre-René Lemas : « Quelle est la tonalité dans la presse ? » Sous pression, le président voulait prendre le pouls de l’opinion, après une semaine marquée par une accumulation de mauvais chiffres sur le front économique et social. Il sait que le tour de vis imposé à l’État et aux collectivités locales, de même que les nouvelles économies, qu’impose la croissance zéro, font l’effet d’une douche froide dans la majorité. « C’est indéniablement un trou d’air, s’inquiète un haut responsable socialiste. François Hollande avait fait la promesse aux socialistes pendant la primaire qu’il tiendrait les 3 %. Il ne pourra pas tenir cet engagement. Dans le même temps, le chômage qu’il a promis de baisser avant la fin de l’année explose. Ça devient compliqué… Face à cette situation catastrophique, on ne sent pas la révolte, même plus l’inquiétude. On sent la fatalité. »

Le premier ministre a invité ses ministres à déjeuner mercredi à Matignon. Il se rendra également devant les députés PS mardi. L’occasion pour le chef du gouvernement d’évoquer le tour de vis budgétaire et de répondre aux interrogations de ses ministres et des élus de la majorité. Dans le JDD, la ministre du Logement, Cécile Duflot, a dit tout haut ce que beaucoup commencent à penser tous bas, mettant en garde contre les effets néfastes de la rigueur. La ministre de l’Écologie, Delphine Batho, lui a emboîté le pas dimanche sur RCJ : « On est au maximum de ce qu’on peut faire en termes d’économie et de réduction des dépenses. Il faut avoir conscience que la sortie de crise, ce n’est pas qu’une question de bonne gestion du budget. » Même musique entonnée par la candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, qui s’inquiète des baisses des dotations de l’État aux collectivités locales. « Il faut faire attention, quand on demande aux collectivités de faire des efforts, a-t-elle prévenu sur Radio J. Les villes, les territoires interviennent dans l’activité économique du pays. » « Le sérieux et la croissance »

L’aile gauche du PS, qui somme Hollande d’amorcer « le tournant de la relance » n’est donc plus la seule à tirer la sonnette d’alarme. « Le détonateur a été le vote du budget européen, en baisse, analyse le tenant de l’aile gauche Emmanuel Maurel. Il y a eu une prise de conscience chez les socialistes que ces politiques de rigueur risquaient de nous mener dans le mur. » « Avec le ralentissement de la croissance en France et en Europe, tout le monde comprend que ce qui était déjà très difficile avec 0,8 % de croissance devient impossible avec une croissance atone », ajoute le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, Thierry Mandon.

Mais au sein de la majorité, tout le monde ne s’accorde pas sur les mesures à prendre pour s’adapter à la nouvelle donne économique. « Pour le moment, la majorité est soudée, mais si on nous sert un nouveau plan d’économies drastique, ça va devenir tendu, poursuit Mandon. La ligne de crête se joue là-dessus. » « Un nouveau plan de rigueur serait une erreur économique et politique », prévient le député PS Laurent Baumel. Pour le numéro deux du PS, Guillaume Bachelay, « la France ne sortira pas d’une croissance atone en ajoutant de la rigueur à la rigueur ». « On a besoin de l’investissement, du soutien à l’emploi. Il faut marcher sur deux jambes : le sérieux et la croissance », insiste-t-il.

La droite reproche aux socialistes d’avoir sous-estimé la crise. Alors que la situation économique se tend, un proche de Hollande confesse un « regret » : « On aurait dû, dès cet été, insister sur l’étendue de la catastrophe. Mais c’était compliqué car cela aurait été un signal terrible pour les marchés. Nous avions une ardoise de 7,5 milliards d’euros qu’il fallait combler. Aujourd’hui, on doit assumer. Et tenir un discours de vérité, ni plus ni moins. Ne pas faire ni plus rose ni plus noir. » Un autre conseiller du président s’inquiète : « On doit s’adapter à un contexte qui a évolué. Mais il ne faut pas tirer sur la corde, pour ne pas arriver à l’austérité. C’est vrai, on passe par une phase très, très difficile. »

Le Figaro Par Solenn de Royer

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