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À gauche, la grogne monte contre la Cour des comptes

Les députés PS n’apprécient pas de voir l’institution, présidée par un ancien élu socialiste, multiplier rappels à l’ordre et critiques à l’égard de la politique du gouvernement.

Cela tient du supplice chinois. Au fil de ses rapports, la Cour des comptes épingle méticuleusement la politique du gouvernement et remet en cause ses choix, ses orientations et son inaction. Le tout venant d’une institution présidée par un homme de gauche, l’ancien président socialiste de la commission des finances de l’Assemblée Didier Migaud, l’accumulation de critiques n’en est que plus acerbe. Et cela commence à agacer sérieusement les députés socialistes.

Dans leur dernière livraison, les sages de la Rue Cambon s’inquiètent de l’avenir de l’assurance-chômage, jugée « plus protectrice » et généreuse que dans les autres pays européens. Une nouvelle fois, la Cour épingle l’indemnisation des intermittents du spectacle (1 milliard de déficit « au profit seulement de 3 % des demandeurs d’emploi ») et pointe le « risque » que l’assurance-chômage ne finance « un revenu de complément durable à des salariés en activité précaire ».

Au gouvernement, on se montre concerné, mais on esquive. « Il faudra prendre des mesures sur ce régime chômage », a assuré le ministre du Travail, Michel Sapin, sur RTL. Le problème, c’est qu’en matière de mesures le gouvernement ne peut pas faire grand-chose. Historiquement, les partenaires sociaux sont les seuls gestionnaires de l’assurance-chômage. Tout ministre qu’il soit, Michel Sapin ne peut que leur renvoyer la responsabilité d’agir. Syndicats et patronat « vont devoir, c’est inscrit dans le calendrier, d’ici à la fin de l’année, mener des négociations pour trouver des solutions qui permettent de revenir à un déficit raisonnable en période de chômage », a-t-il éludé. À Matignon, si l’on reconnaît que le gouvernement « n’a pas la main sur le sujet », on précise toutefois « travailler étroitement avec les partenaires sociaux ».

« Rôle de thermomètre » En relais à l’Assemblée, Bruno Le Roux a lui aussi dégagé le gouvernement de toute responsabilité, indiquant attendre « l’avis des partenaires sociaux » sur ce rapport. Mais, surtout, le patron des députés PS prend grand soin d’épargner Didier Migaud en saluant « le travail fait par la Cour des comptes : il ne m’impose rien, il m’oblige à réfléchir sur la façon de distribuer l’argent public ». Il n’empêche, à gauche, la grogne monte contre la Cour.

« J’en ai assez que la Cour des comptes se mêle autant du débat politique et se pose en donneuse de leçons », a dénoncé mercredi François Loncle (Eure). L’ancien président de SOS-Racisme Malek Boutih n’est pas plus tendre : « La Cour des comptes ne contrôle plus, elle donne son avis. Cette institution se transforme en donneur de leçons. » À la gauche du PS, Henri Emmanuelli est sur la même ligne : « La Cour des comptes outrepasse sa mission. Il appartient au gouvernement et au Parlement de déterminer le système d’indemnisation du chômage. » Son collègue Pascal Terrasse (Ardèche) explique que la Cour joue « le rôle de thermomètre », en dénonçant aussi la politique de la formation professionnelle ou celle de la lutte contre le tabac, jugées « inutiles et coûteuses ».« Mais quand le malade a la fièvre, on ne casse pas le thermomètre. C’est aux politiques de décider de l’opportunité des choix », ajoute Terrasse. Sous couvert d’anonymat, le député maire PS d’une grande ville confie : « Didier Migaud en fait un peu trop. Il est entré dans le costume de Philippe Séguin. Mais n’oublions pas que Séguin à Épinal et Migaud à Grenoble Métropole ont été étrillés par leurs chambres régionales des comptes. C’est dire… » Le patron des députés communistes, André Chassaigne, juge, lui, que « la Cour ne mesure pas toutes les conséquences de ses propos » et que « ça alimente le clivage entre les catégories sociales ».

Jean-Marc Germain, député des Hauts-de-Seine, se place sur le terrain de l’opportunité : « Ce n’est pas en période de crise qu’il faut réduire les indemnités des chômeurs. Cela est impensable. » « Qu’on ait un problème d’équilibre des comptes de l’Unedic, c’est une réalité, ajoute Christophe Borgel (Haute-Garonne). Mais qu’on pointe en ce moment le filet de l’assurance-chômage, au moment où les plans sociaux se multiplient, me paraît une réponse exclusive et inadaptée au problème de l’Unedic. »

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