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À l’Assemblée, l’opposition dénonce une « moralisation diversion »

Puisque la mode est à la « transparence », Christian Jacob a sorti ses dossiers.

Le patron des députés UMP a donné le signal de l’offensive de la droite mardi midi en faisant valoir qu’il n’avait « pas de leçon de morale » à recevoir du PS. « Contrairement à M. Ayrault, je ne suis pas un ancien repris de justice, je n’ai pas été condamné à six mois de prison, ou comme M. Harlem Désir, à dix-huit mois ! », a-t-il lancé. Maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault a été condamné en 1997 pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public, avant d’être réhabilité. Harlem Désir, lui, a été condamné en 1998 pour emploi fictif. Lors des questions au gouvernement, c’est Daniel Fasquelle qui a ouvert les hostilités. Le député UMP du Pas-de-Calais avait été le premier à interroger Jérôme Cahuzac sur son compte caché, le 5 décembre. Exerçant son « droit de suite », il a sommé Jean-Marc Ayrault d’expliquer pourquoi il avait « maintenu en poste » le ministre du Budget. Après lui, Michel Herbillon (Val-de-Marne) s’en est pris à « l’ami du président », Jean-Jacques Augier, trésorier du candidat Hollande. « Nous sommes passés de la “gauche caviar” à la “gauche Caïmans” », a-t-il affirmé, sous les huées de la majorité. Jean-Frédéric Poisson (Yvelines) a enchaîné en reprochant au premier ministre sa volonté de « jeter en pâture les parlementaires à l’opinion publique pour (se) dédouaner de (ses) propres responsabilités ». Jean-Marc Ayrault n’a répondu à aucune de ces trois questions, ce qui a encore fait monter la température d’un cran. Les ministres qu’il a envoyés au front ont dû élever la voix pour se faire entendre face à la bronca des députés UMP. Tous faisaient claquer leur pupitre, scandaient les noms du premier ministre et de l’ex-trésorier de la campagne de François Hollande.

Tous, sauf Jean-François Copé et François Fillon, qui se sont éclipsés chacun de son côté avant la fin de la séance. Conscients du piège tendu par la gauche, les deux rivaux n’ont rien laissé paraître de leurs divergences. Lundi soir, l’ex-premier ministre avait détaillé son patrimoine sur France 2. Le président de l’UMP l’a appelé après le journal pour « le féliciter de son intervention et regretter que la chaîne ait jugé utile de montrer la photo de sa maison dans la Sarthe », selon un copéiste. François Fillon, qui était sur messagerie, aurait rappelé Jean-François Copé pour le « remercier » mardi matin, avant le petit-déjeuner hebdomadaire du comité politique. Désaccords à l’UMP

Un comité où les désaccords apparus depuis dimanche se sont exprimés. Claude Goasguen n’a pas apprécié la démonstration de l’ancien chef du gouvernement et l’a fait savoir. « Il faut serrer les rangs sous la mitraille, a rappelé le député de Paris. Ce n’est pas très bien de partir dans des initiatives individuelles, parce que cela engage tout le monde sans que rien n’ait été décidé. » Plusieurs intervenants ont également reproché à Laurent Wauquiez son appel à une opération « mains propres »dans Le Journal du dimanche. Jean-François Copé ne s’en est pas mêlé. Il avait dit le fond de sa pensée sur France 2, plus tôt le matin, en glissant qu’« arrive un moment où de transparence on passe à hypocrisie et démagogie ». Sans préciser s’il visait François Fillon ou son bras droit Laurent Wauquiez. Le vice-président filloniste de l’UMP a dû entendre ses oreilles siffler à la réunion du groupe à l’Assemblée. Après son départ, Jacques Myard (Yvelines) a ironisé sur son empressement à ne rien cacher : « On s’est demandé pourquoi Laurent portait des slips Eminence, a-t-il résumé. Aujourd’hui, il se retrouve à poil et on lui en demande encore plus. » Ses adversaires reprochent surtout à Wauquiez d’avoir proposé que les parlementaires, « notamment » quand ils sont avocats, communiquent sur « les clients et les honoraires » qu’ils perçoivent. Jean-François Copé exerce toujours et c’est lui que Pierre Moscovici visait quand, tentant de détourner le tir de l’opposition l’après-midi, à l’Assemblée, il s’est exclamé : « Moi, je suis avocat et j’ai démissionné en 2007 quand j’ai été élu député. »

Le Figaro Par Jean-Baptiste Garat, Judith Waintraub

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