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ANALYSE - Tesson : "Hollande à l’épreuve de son autorité"

Pour Philippe Tesson, les accusations de mollesse balayées d’un revers de main par le Président lui reviennent en boomerang.

La défaite de Ségolène Royal dimanche à La Rochelle porterait un coup à François Hollande. Non pas un coup fatal, est-il besoin de le dire, on n’est pas dans une affaire d’État. Mais après une campagne habilement menée et une entrée plutôt réussie dans la fonction présidentielle, l’épreuve à la fois personnelle et publique qu’il subit aujourd’hui du fait de l’incartade de sa compagne porte une atteinte incontestable à son image. À la fois à l’image d’intégrité et à l’image d’autorité qu’il avait apporté visiblement, trop visiblement, un soin particulier à construire au cours de ces derniers mois.

Hollande est pris à son propre piège

L’intégrité, c’est-à-dire le souci d’éviter la confusion entre vie publique et vie privée, homme public et homme privé. Quelle imprudence ! Et quelle présomption ! L’histoire aurait dû enseigner à Hollande que la frontière est poreuse entre ces deux domaines et que nul n’est à l’abri d’un accident qui menace et déjoue la volonté la plus ferme de les séparer. Déjà, cette photographie douteuse prise le 6 mai, à l’initiative de Madame Trierweiler, dit-on, qui représente le couple en train d’échanger un baiser sur la bouche montre la fragilité de la promesse du président. Cette image ne nous dérange pas personnellement. Elle ne nous choque que dans la mesure où elle dément une intention trop appuyée. Hollande est pris là au piège qu’il dénonçait et dont il avait fait l’argument principal de sa campagne contre Sarkozy. Et nous ne cesserons de dénoncer ce qui ressemble à une malhonnêteté. Nous n’oublierons pas que le nouveau président a dû essentiellement son succès au dénigrement incessant auquel il s’est livré contre la personne et les comportements de son prédécesseur, dénigrement orchestré et relayé par son entourage et par une presse complaisante.

L’intrusion du président dans la campagne des législatives, alors qu’il avait cru utile de proclamer qu’il y resterait étranger, participe de cette même légèreté, le mot est faible pour signifier le manquement à la parole donnée. Cette incartade est d’autant plus regrettable qu’elle est survenue au profit de l’ancienne compagne de François Hollande. La confusion entre domaine privé et domaine public est ici particulièrement éclatante.

"Moi, président de la République..."

Cela dit, c’est plus encore l’atteinte portée à l’image d’autorité du président par l’incident Trierweiler qui retiendra notre intérêt, car elle touche à l’essentiel, c’est-à-dire à sa capacité à gouverner. Vulgairement, on pourrait formuler en ces termes la question : s’il est incapable de mettre de l’ordre dans son couple, comment sera-t-il capable d’en mettre dans sa gestion du pays ? Durant la campagne, nous nous sommes souvent interrogé sur la réalité de l’autorité de François Hollande. Cet homme que ses amis jugeaient mou nous a surpris par l’image d’assurance de soi-même et de fermeté qu’il livrait au pays. Il nous arrivait parfois de la juger trop appuyée pour être vraie. Elle rendait souvent un son artificiel, appliqué. Mais elle était crédible et elle fut efficace. La fameuse péroraison de l’intervention du futur chef de l’État en face de Sarkozy lors du débat qui précéda l’élection "Moi, président de la République !..." vérifia notre soupçon. Elle était risquée, audacieuse, comme un pile ou face. Elle ne fit mouche que parce que, pour des raisons inexplicables, Sarkozy n’y répondit pas. Elle montrait une extraordinaire présomption, comme la volonté d’un homme qui aurait peur de ses faiblesses et voudrait prouver sa force en en rajoutant avec une emphase un rien ridicule sur sa détermination. "Moi, président de la République !..." répété comme le ferait un acteur de drame historique.

Il se trouve que jeudi, lors de la cérémonie en l’honneur des quatre soldats morts en Afghanistan, François Hollande, au coeur de son allocution, a glissé ces mots : "Moi, chef de l’État. Moi, chef des armées !..." Décidément ! Est-il nécessaire qu’il répète qui il est désormais ? N’en est-il pas encore revenu ? Faut-il qu’il nous en persuade, nous et le monde entier ? N’est-ce pas là le signe d’une faiblesse ? N’a-t-il pas un problème avec l’autorité ? Cette question n’est pas une insulte perfide, c’est une vraie question, à laquelle répondra l’avenir. Il est vrai que l’autorité peut venir en marchant.

Par PHILIPPE TESSON Le Point.fr - Publié le 15/06/2012 à 06:43 - Modifié le 15/06/2012 à 08:04









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