Accueil Actualités Dossiers Votre département Espace privé Contact
Accueil > Actualités
Budget 2013 : le PS et EELV ne répondent pas aux urgences des Franciliens

Retrouvez le discours prononcé, à l’occasion de la séance plénière du 19 décembre, par Valérie Pécresse sur le thème du budget 2013 de la région Ile-de-France.

Monsieur le Président,

Richelieu écrivait que la politique n’est pas l’art du possible, mais celui de rendre possible ce qui est nécessaire.

Monsieur le Président, nous savons que vous êtes un homme de culture. Cette maxime, vous la connaissez ; alors, je vous pose la question : pourquoi ne l’appliquez-vous pas ?

Qu’il soit nécessaire de réduire nos dépenses de fonctionnement pour maintenir notre capacité d’investissement sans aggraver notre dette, c’est l’évidence. Tout le monde le dit.

Les agences de notation bien sûr qui, même si elles n’en tirent pas encore aujourd’hui toutes les conséquences, s’inquiètent de la dérive de nos finances.

Notre conseil économique, social et environnemental régional (CESER) également qui renouvelle son appel à la maîtrise des dépenses de fonctionnement.

Surtout ce sont les Franciliens eux-mêmes qui nous le disent. La sanction infligée à la gauche lors des dernières élections législatives partielles en est la preuve. Les Franciliens n’en peuvent plus de payer toujours plus pour un service public qui se dégrade ; ils n’en peuvent plus de payer pour des pouvoirs publics incapables de comprendre leurs vraies priorités.

Ici, au conseil régional, c’est votre 15ème budget depuis votre accession à la présidence en 1998. Et ce qui frappe dans ce budget, c’est qu’il donne l’impression que nous sommes arrivés à la fin d’un cycle. Ce n’est pas seulement moi et les élus du groupe MP qui le disent. C’est aussi votre vice-présidente chargée des finances, Mme de la Gontrie. Elle reconnaît que l’année 2013 constitue un tournant et qu’elle ne sait pas aujourd’hui comment elle pourra boucler le budget 2014.

Il faut dire que les indicateurs sont alarmants.

Alors que les recettes d’investissement progressent fortement (+10%), les investissements chutent de 118 millions d’euros. Dans le même temps, les dépenses de fonctionnement ne sont toujours pas contenues. Résultat, la dette s’emballe, avec cette année encore, un emprunt qui se situe au plafond historique de 700 millions d’euros.

Pour illustrer plus clairement les choses, pour la troisième année consécutive, notre région va dépenser près de 20 % de plus que ce qu’elle gagne. Quel ménage francilien pourrait se permettre une telle dérive sans aller dans le mur ? Aucun, et la région elle-même se trouve dans une impasse.

Elle se trouve d’autant plus dans une impasse que cette dette sert à tout sauf à financer les priorités des Franciliens.

L’emprunt sert-il à préparer l’avenir ? à rénover nos transports ? à construire des lycées et des CFA pour accueillir et former dans les meilleures conditions la jeunesse francilienne ? à soutenir nos entreprises qui se battent chaque jour pour sauvegarder l’emploi ? Eh bien non, pas du tout.

Si l’on regarde attentivement la progression des investissements entre 2012 et 2013, on constate que les investissements dans les domaines prioritaires correspondant aux compétences obligatoires de la région sont ceux qui subissent les plus forts reculs.

Sur les 17 annexes de notre budget, le développement économique, les lycées et la formation professionnelle arrivent respectivement en 13e, 14e et 15e position par ordre de priorité des investissements régionaux avec des reculs de -10, -20 et -30 %.

La palme revient aux investissements dans les lycées qui subissent un recul inouï de 100 millions d’euros ! Pour une majorité qui avait voulu placer sa mandature sous le signe de la jeunesse, avouez que c’est totalement fou !

En 2004, vous nous aviez promis 19 nouveaux lycées et 2.500 nouvelles places d’internats. 8 ans après, seuls 3 nouveaux lycées sont sortis de terre et seules 100 places d’internat ont vu le jour. Comment comptez-vous tenir enfin vos promesses et surmonter ces échecs avec un budget en si fort recul ? Vous nous dites que les investissements progressent ; c’est vrai.

Mais ils le font moins vite que les investissements dans la culture ou en sports et loisirs qui ne sont pourtant ni des urgences pour les Franciliens ni des compétences de la région.

Avec une augmentation de +1,6 %, ils progressent aussi moins vite que l’inflation alors que nous le savons tous ici, et particulièrement au moment où une forte menace pèse sur le Grand Paris, les besoins sont immenses.

Surtout, cette progression masque une réalité difficilement acceptable pour tous les Franciliens qui chaque matin et chaque soir s’entassent dans les RER.

Cette réalité, c’est que pour la deuxième année consécutive, notre région détourne l’argent des transports. En 2012, l’Etat vous a donné 119 millions d’euros de ressources nouvelles pour financer la modernisation des transports. Or les investissements dans ce domaine n’ont progressé que de 86 millions d’euros. En 2013, c’est la même chose. 148 millions vont arriver dans les caisses de la région pour financer le volet plan de modernisation du Grand Paris ; seuls 97 sont affectés aux transports. Au total, en deux ans, ce sont 84 millions qui auraient dû aller aux transports et qui n’y sont pas allés. C’est davantage que le budget annuel de la région pour la rénovation des RER.

Cette situation est inacceptable. Elle l’est d’autant plus quand l’on sait qu’une partie de cet argent détourné a servi pour l’achat du nouvel hôtel particulier de la région : 7 millions d’euros l’an passé, 7 millions à nouveau cet année. Quel bénéfice vont retirer les Franciliens de cet achat ? Aucun.

S’il existe un « système PS-Verts », comme le dénonce désormais, c’est bien celui-là ; ce « système » qui consiste à faire systématiquement le choix du train de vie et des dépenses accessoires sur les dépenses essentielles.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs de la majorité, les Franciliens souffrent. Ils sont durement frappés par la crise. Il faut entendre leur message et concentrer les moyens de la région là où sont les vrais besoins.

Très clairement, vos priorités ne sont pas celles des Franciliens. Très clairement, vous n’avez pas compris que le monde a changé. Dans un contexte financièrement difficile, l’heure est à faire des choix politiques responsables. Parce que vous refusez de faire ces choix, ce sont les lycées, les apprentis, les usagers des transports qui trinquent.

Jusqu’à présent, la croissance économique et des ressources, ne vous en déplaise, dynamiques, vous avaient épargné cet effort. Au prix d’un endettement toujours plus grand, la région a ainsi financé tous azimuts les opérations qui rencontraient son intérêt et celui des élus de sa majorité.

La fête est finie. La vice-présidente ne dit pas autre chose lorsqu’elle affirme qu’elle ne sait pas aujourd’hui comment elle pourra boucler le budget 2014 de notre collectivité.

La dette est en passe de devenir le premier poste de dépenses régionales. Depuis 2010, la charge de la dette a progressé de 100 millions d’euros par an. Symétriquement, les investissements pour la rénovation des lycées ont chuté de près de 200 millions d’euros. En 2014, nous dépenserons autant pour rembourser le seul capital de votre dette que pour investir dans les transports.

Au lieu de tailler dans votre train de vie, vous faites le choix de réduire les services les plus essentiels aux Franciliens.

Comment accepter que les investissements dans les lycées baissent ou que les aides aux apprentis dégringolent alors que la région continue de consacrer plus de 9 millions d’euros à une action internationale qui ne relève pas de sa compétence ?

Comment accepter que tous les moyens disponibles ne soient pas affectés à la modernisation des transports alors que la région continue de consacrer plus de 120 millions d’euros par an à des organismes associés dont, pour nombre d’entre eux, l’utilité reste à démontrer ?

Les Franciliens sont lassés de payer pour entretenir un train de vie dispendieux et une technostructure stérile. Les Franciliens n’attendent pas de nous des demi-mesures mais des choix courageux. Ce sont de tels choix que, depuis 2010, nous faisons avec notre contre-budget.

Nous aurions pu choisir le confort d’une opposition simplement critique. Mais, parce que nous mesurons notre responsabilité vis-à-vis des Franciliens, nous avons fait le choix inverse, celui d’une opposition résolument constructive.

C’est parce que nous avons su le concevoir, le promouvoir et le défendre que le Grand Paris est en route aujourd’hui, même si le gouvernement refuse toujours de prendre des engagements clairs sur sa réalisation. C’est parce que nous nous sommes obstinés que vous avez finalement été contraints et forcés de revaloriser les bourses des étudiantes infirmières.

C’est parce que nous avons soulevé le sujet, que vous avez dû confier à la commission des finances une mission sur les organismes associés de notre région.

C’est parce qu’enfin nous refusons de considérer comme acquis le fait que la région doive durablement résider dans les quartiers les plus chers de Paris, que nous avons enfin obtenu une étude envisageant le déménagement des services du siège.

Ces deux dernières années, vous avez cherché à nous caricaturer. Mais, après une première période marquée il est vrai par un certain scepticisme, les observateurs ont compris que c’est nous qui parlions vrai. Oui, nous assumons de faire des choix politiques forts en affirmant clairement trois priorités.

Une priorité pour les transports tout d’abord en affectant à la modernisation du réseau l’ensemble des ressources qui y sont destinées. Ces 51 millions supplémentaires permettent d’augmenter de 30% les crédits pour la rénovation des RER, de 70% les crédits pour les sites propres des bus. Ils permettent de maintenir l’investissement dans le canal Seine Nord et d’augmenter de 30% les crédits destinés à la voirie routière. Car contrairement à vous, nous ne stigmatisons pas les Franciliens qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour se rendre à leur travail.

Notre contre-budget répond aussi à l’urgence sur l’emploi : +30 millions d’euros pour soutenir l’artisanat, la création et le développement des entreprises, les réseaux haut débit et pour rétablir les aides aux apprentis qui ont été injustement baissées.

Notre contre-budget répond enfin à cette priorité que vous affichez sans cesse sans jamais la mettre en œuvre : la priorité à la jeunesse. Donner la priorité à la jeunesse, ce n’est pas d’un côté réduire de 100 millions d’euros les investissements dans les lycées pour, de l’autre, mettre 150.000 euros pour financer un pass contraception qui ne touchera qu’une poignée de lycéens avec le secret espoir que l’écho médiatique sera inversement proportionnel aux sommes en jeu.

Donner la priorité à la jeunesse, c’est donner véritablement corps au principe républicain d’égalité des chances. C’est donner à tous les lycéens franciliens la chance d’étudier dans les meilleures conditions possibles ; c’est développer les internats, c’est mettre en place une vraie tarification sociale dans les cantines.

Alors bien sûr, pour dégager ces moyens, il faut faire des économies par ailleurs. Ces économies, elles ne sont pas insurmontables, loin de là. Pour financer nos priorités, il suffirait, pour l’essentiel, de revenir aux dépenses de fonctionnement de 2011 et de réduire de 25 % les crédits des organismes associés, c’est-à-dire les rétablir à leur niveau de 2007. Preuve d’ailleurs que cet effort n’est pas irréaliste, il se rapproche de celui que vous aviez vous-même envisagé lors des orientations budgétaires pour votre budget 2013.

Au prix de telles économies, réclamées par les Franciliens, nous serions même en mesure de freiner notre endettement en reculant l’emprunt annuel de 81 millions d’euros.

Sur trois ans, l’application de nos contre-budgets aurait ainsi permis un rééquilibrage majeur des priorités régionales.

Nous sommes ici nombreux, sur nos bancs, mais je pense aussi certainement sur les bancs de l’UDI, qui aurions aimé vous entendre nous dire que, dans le contexte de crise que nous connaissons, l’heure était à affirmer fortement ces priorités.

Face à la dégradation des finances publiques, face à des Franciliens déjà pressurés d’impôts, nous attendions un discours responsable proposant que la région concentre ses moyens sur ses compétences obligatoires. Car au fond la question que nous devons nous poser est simple. A quoi servons-nous ? Pourquoi la région a-t-elle été créée ? Quelles sont nos compétences, et ces compétences les exerçons-nous bien ?

Après 14 années de présidence, vous refusez d’aborder franchement cette question et, ce faisant, vous éludez votre responsabilité historique. Vous avez tort. Les Franciliens ont compris que le toujours plus était en fait un jeu de dupes ; car à la fin des fins, c’est toujours à eux de payer.

Vous n’échappez pas à cette règle d’airain. Jean-François Legaret l’avait annoncé ici-même, il y a un mois, lors de son intervention sur les orientations budgétaires. Vous l’avez confirmé dans les colonnes du Journal du dimanche : vous allez augmenter les impôts dès 2013 pour l’année 2014.

Une fois encore, vous allez faire le choix de la facilité contre celui du courage. Avec la réforme territoriale qui s’annonce, vous croyez avoir trouvé une nouvelle martingale pour dépenser toujours plus.

Il est regrettable qu’une fois encore vous confondiez autonomie fiscale et hausse d’impôts. C’est d’ailleurs à cause de cette maladie proprement socialiste que le précédent gouvernement auquel j’ai eu l’honneur d’appartenir s’est bien gardé d’élargir votre autonomie fiscale. Bien lui en a pris. Ecoutez donc ce que vous disent les représentants des forces vives de notre région réunies dans le CESER. Ils vous disent que l’autonomie fiscale ne doit pas être synonyme d’impôts nouveaux. Ils vous disent que l’impératif n’est pas à pressurer encore des Franciliens déjà au bord de l’asphyxie mais à réduire notre train de vie et à concentrer notre action sur nos compétences obligatoires.

Comment allez-vous expliquer aux Franciliens que vous allez augmenter leurs impôts alors que la région, qui consacre déjà plus de 1,4 milliard d’euros à des dépenses hors de ses compétences, est incapable de résoudre leurs problèmes de transports ou de rénover les lycées de leurs enfants. Jusqu’où ira cette fuite en avant ?

Les Franciliens paient l’addition de 14 années de gestion socialiste. Aujourd’hui, ce sont les investissements qui baissent ; demain ce sont les impôts qui augmenteront. Oui, ce budget 2013 signe véritablement un tournant. La cote d’alerte est dépassée, il est urgent d’inverser la tendance.

Je vous remercie.

Retrouvez cette intervention sur le site du groupe Mouvement Populaire Ile-de-France : http://www.ump-iledefrance.fr/2012/...

Info département
Sénateurs Les Républicains du Val-de-Marne Le Site de Catherine PROCACCIA Le Site du groupe Les Républicains au Conseil Régional d'Ile-de-France Site de Jean-Daniel AMSLER Le Blog de Pierre-Jean GRAVELLE Le blog d'Emmanuel GILLES DE LA LONDE Les Républicains Le blog de Nicolas TRYZNA
Plan du site  |  Mentions légales  |  Crédits