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Démission de Cahuzac : le plus mauvais moment pour Ayrault

La démission du ministre du Budget est intervenue la veille du discours de Jean-Marc Ayrault à l’Assemblée nationale, qui devait être un moment fort de ce début d’année.

Le pire moment ? Sans doute n’y en avait-il aucun de bon pour Jean-Marc Ayrault, qui voit son ministre du Budget démissionner, dans une affaire de présumé compte en Suisse. Mais quand même. Le départ de Jérôme Cahuzac intervient alors que le premier ministre s’apprête à livrer, ce mercredi à l’Assemblée nationale, un discours « offensif » pour répondre à la motion de censure déposée par l’opposition.

Le discours devait lui permettre de se livrer à un triple recadrage : de son action que les Français ne comprennent pas, de sa majorité qui doute de sa politique, de son gouvernement qui a du mal à lui reconnaître de l’autorité. « Il est important de pouvoir rappeler régulièrement le cap aux Français », expliquait-on encore mardi dans l’entourage du premier ministre, en précisant que le discours en était à sa « huitième ou neuvième version », pour souligner toute l’attention qu’il accordait à l’exercice. Bref, l’instant s’annonçait solennel, un moment de vérité pour Jean-Marc Ayrault. « Il est attendu au tournant », prévenait un cadre du PS en apportant cette précision : « Y compris chez les proches de Hollande. » Et puis, patatras, la démission de Jérôme Cahuzac.

Le premier ministre l’a appris à son retour de Rome, où il assistait à la messe d’intronisation du pape François. « Il a eu au téléphone Jérôme Cahuzac qui lui a fait part, devant les nouveaux développements de l’enquête, de sa décision de démissionner pour assurer pleinement sa défense et ne pas gêner l’action du gouvernement », a précisé à l’AFP l’entourage de Jean-Marc Ayrault. Le premier ministre a dit regretter mais comprendre sa décision et l’a remercié pour son action au gouvernement. »

L’ampleur de la déflagration renvoie mécaniquement le discours d’Ayrault à l’arrière-plan. Comme une malédiction. Dans la bouche des ministres, des députés ou des cadres du PS, une antienne : « Le problème du premier ministre, c’est qu’il n’imprime pas. » Cela risque d’être encore plus vrai aujourd’hui. Qui prêtera attention à ses propos au moment où son ministre du Budget, chargé entre autres choses de lutter contre la fraude fiscale, se retrouve soupçonné de s’y être lui-même livré ? Pourtant, les attentes étaient grandes à l’égard du premier ministre. Députés PS désorientés

Désorientés par la politique du gouvernement face à l’aggravation de la crise, les députés socialistes, mais aussi EELV et communistes, espéraient un discours de clarification. Si aucun de ces groupes n’envisage de voter la motion de censure, leurs critiques à l’encontre d’Ayrault se font de moins en moins voilées. Car, pour l’instant, il fait douter, jusque dans son propre camp. C’est d’ailleurs ce qu’a souligné en creux le porte-parole du groupe socialiste, Thierry Mandon, en expliquant ce que les députés PS attendaient du premier ministre : « Un discours d’un chef, d’un patron de majorité qui sait où il va, qui sait comment il le fait et par quels moyens y parvenir. » Manque d’autorité, de charisme, de cap, de pédagogie… tout y est.

Sur l’aile gauche du PS, on se montre plus précis sur les attentes à l’égard de Jean-Marc Ayrault. « Ce que j’aimerais, c’est un discours qui ait du souffle, qui donne du sens mais surtout qui énumère les contreparties pour le monde du travail au pacte de compétitivité et à l’accord emploi, indique Emmanuel Maurel, leader de la gauche. Sinon, nous sommes dans une politique déséquilibrée qui ne peut pas convaincre le peuple de gauche. »

Des critiques que l’on retrouve peu ou prou dans les desiderata des alliés écologistes du PS, exprimés par le député EELV François de Rugy : « Nous inviterons le gouvernement à ce que les engagements soient tenus, à ce qu’il fasse preuve d’audace, d’esprit réformateur sur des sujets qui nous tiennent à cœur. »

Quant au Front de gauche, s’il exprime les critiques les plus dures contre Jean-Marc Ayrault et sa « politique gouvernementale qui va dans le mur », il ne votera toutefois pas la motion, tout simplement « parce qu’elle est portée par la droite », selon le communiste André Chassaigne.

Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, le premier ministre parlera. Mais, à l’évidence, il risque de ne pas être entendu. En tout cas par les Français.

Le Figaro Par François-Xavier Bourmaud

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