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Des finances à la dérive

Retrouvez l’intervention de Valérie Pécresse sur les enseignements à tirer du budget 2012. Elle a été prononcée à l’occasion de la séance du conseil régional du 20 juin 2013.

Monsieur le Président, madame la Vice-Présidente, chers collègues,

Moins de 6 minutes pour tirer le bilan de vos choix financiers sur un budget qui flirte avec les 5 milliards d’euros, je dois avouer que c’est bien peu. C’est bien peu mais cela dit en réalité tout de l’ordre de vos priorités.

Il suffit en effet de lire notre ordre du jour : 30 minutes de discussion sur l’emploi, une heure pour « exécuter » les 20 milliards de notre budget et du Grand Paris, mais 2h10 pour disserter sur des sujets comme la mise en place d’une plateforme régionale du débat public, qui n’intéressent que très marginalement les Franciliens. Ces choix illustrent parfaitement les dérives de votre politique.

Nous avions déjà dit cela à la dernière commission permanente, où j’ai expliqué les priorités de la région et vos choix. A cette commission, je vous rappelle que vous nous présentiez un plan d’aide industrielle qui était chichement doté puisqu’en 2013 il n’y avait que 272 000 euros versés aux centaines de milliers de salariés franciliens concernés alors que dans le même temps, vous dépensiez 530 000 euros pour des actions aussi déterminantes pour l’emploi en Ile-de-France que le soutien à l’association Emilia-Romagna chargée de faire la promotion touristique de la 4e région la plus riche d’Italie.

Cette dérive, on la retrouve inscrite dans les chiffres définitifs des comptes administratifs. Que nous disent-ils ? Ils nous disent que malgré des recettes en très nette progression, + 27 % pour les seules recettes d’investissements, les investissements reculent et la dette explose. Ils nous disent que malgré toutes vos protestations, vous n’avez pas été capable de maîtriser vos dépenses de fonctionnement, dépenses de l’institution qui progressent deux fois plus vite que l’inflation – heureusement que l’Etat est géré différemment.

En clair ils nous disent que ce que nous affirmons mois après mois depuis mars 2010 s’avère terriblement juste. Si nous ne faisions rien pour inverser la tendance, notre région qui fait des économies sur le dos des apprentis, qui fait l’impasse sur l’emploi et qui ne peut déjà plus payer la rénovation des lycées, sera dans l’incapacité de financer la modernisation des transports.

La mise en garde du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) est sans appel. Il faut écouter ce que nous dit cette assemblée, qui a le privilège d’être dégagée des contingences politiques. Je cite : « Le CESER ne considère pas que l’évolution des dépenses de fonctionnement, telle qu’elle se dessine depuis plusieurs années, constitue une sorte de fatalité à laquelle la seule réponse serait de comprimer pour l’avenir les investissements destinés à préparer le futur de la région ». La mise en garde est claire : votre gestion hypothèque l’avenir des Franciliens.

Quelques repères simples pour s’en convaincre : jamais depuis 1998 notre dette n’aura été aussi forte. Jamais depuis 2004, le budget des lycées n’aura été aussi faible.

Nous dépensons désormais pratiquement deux fois plus d’argent à subventionner des associations qu’à rénover les lycées. Qu’il s’agisse du logement, de la formation, de l’apprentissage, du développement économique, toutes les priorités des Franciliens ont vu une grande partie de leurs crédits ne pas être consommés.

Le recul des investissements sur la formation professionnelle et l’apprentissage traduit un aveuglement idéologique à vouloir imposer des solutions qui ne fonctionnent pas en retirant des moyens à celles qui fonctionnent. Prendre 12 millions d’euros aux apprentis pour financer les emplois d’avenir, c’est non seulement une erreur mais c’est une faute contre notre devoir de mobiliser tous les moyens pour lutter durablement contre le chômage des jeunes.

J’en termine avec vos multiples renoncements en matière d’investissements pour relancer l’économie francilienne.

Avouer l’absence de projets déposés sur le dispositif de soutien aux technologies écologiquement innovantes, c’est reconnaître que vous avez mis en place un dispositif qui ne correspondait pas du tout aux besoins du territoire.

Abandonner la création du Fonds de sauvegarde des PME parce qu’il était, je vous cite, « trop complexe et finalement inadapté », c’est priver, par négligence ou peut-être par paresse, 3 millions et demi de salariés des PME franciliennes des 30 millions d’euros que vous leur aviez promis et dont ils ont besoin.

Enfin, que dire des raisons avancées pour justifier les retards dans le déploiement des réseaux très haut débit. C’est la faute aux départements, dites-vous. J’observe simplement que les deux départements en cause, la Seine-et-Marne de Monsieur Planchou et la Seine-Saint-Denis, sont des départements de gauche alors essayez d’avoir de l’influence sur eux.

Ce tableau ne serait pas complet sans évoquer les transports. En 2012, vous avez touché 139 millions d’euros supplémentaires au titre des recettes du Grand Paris. Dans le même temps, les investissements de la région dans les transports en commun n’ont progressé que de 31 millions. 139 contre 31, il manque 108 millions à l’appel, où sont-ils ?

Vous vous rêviez en contre-pouvoir face à la droite, la réalité c’est que l’Etat sous Nicolas Sarkozy vous a donné l’impulsion qui vous faisait défaut.

C’est grâce à nous que le Grand Paris a pu être lancé, c’est grâce à nous que l’apprentissage a pu devenir une priorité pour offrir des débouchés professionnels à notre jeunesse. C’est nos projets qui vous ont permis de faire croire que l’action régionale avançait. Vous nous demandiez quelles étaient nos idées, les voilà.

Maintenant, vous êtes enfermés dans un tête-à-tête avec vos amis du gouvernement, il n’y a plus aucun projet qui avance. On ne voit que les dérives : le confort (les investissements qui progressent le plus vite sont les travaux du siège), le gaspillage (les dépenses de communication progressent de 3 %), le clientélisme, je l’ai dit, en 2012, année électorale, les subventions aux associations auront augmenté de 65 millions d’euros alors que les aides aux entreprises en difficulté reculaient de 14 millions.

Un chiffre résume tout : en 2012, notre région aura consacré deux fois plus de moyens à son propre fonctionnement qu’à soutenir les emplois et les entreprises de notre territoire. Alors ça ne m’étonne pas que même François Hollande ne vous fasse plus confiance et décide de faire une « Métropole de Paris » à côté de la région Ile-de-France.

Alors il faut regarder ces évidences, il faut écouter le CESER, l’investissement est la clé du rebond. Nous ne pouvons nous satisfaire d’investir moins aujourd’hui qu’en 2008, au plus fort de la crise.

Depuis 2010, avec mon groupe, nous tirons la sonnette d’alarme, nous vous invitons à conduire un big-bang des priorités de l’action régionale.

Alors faites le virage que nous réclamons depuis trois ans. Écoutez le CESER, il est plus que temps.

Retrouvez cette intervention sur le site du Groupe Mouvement Populaire d’Ile-de-France : http://www.ump-iledefrance.fr/2013/...

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