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Discours de Jean-Marie BRETILLON, Conseiller Général de Charenton-le-Pont, lors de la discussion budgétaire du lundi 9 février 2015

Monsieur le Président,

Je reconnais les difficultés d’établir un budget dans les circonstances actuelles.

D’une part, devant l’incertitude de l’avenir des départements de la petite couronne et de la création de ce monstre de complexité qui s’appelle la MGP. Sa naissance est prévue au 1er janvier 2016, j’ai encore des doutes sur le calendrier.

On peut espérer un sursis pour notre département de 6 ans, grâce à ces prochaines élections mais d’ici là, la Marne aura continué à couler !

Par contre, la diminution du nombre de régions réduites à 13, donc avec des territoires dont la superficie a doublé pour certaines, rendent à mes yeux impossible la disparition des départements dans le reste de la France.

Vous imaginez les administrés devant faire 300 km sans transport en commun pour effectuer les formalités à la préfecture. Ce serait insensé et contraire à la décentralisation et à la démocratie de proximité.

Franchement, comment peut-on faire des projets à long terme devant ces réformes girouettes à la petite semaine ?

D’autre part, sur le plan financier même si vous ne voulez pas parler d’austérité - c’est une question de vocabulaire car le département comme les villes subissent une diminution importante de leurs revenus de part l’incapacité du gouvernement à redresser la barre économique -, comment redistribuer des richesses que l’on a plus quand on perd chaque mois des milliards d’euros et des milliers d’emplois. Austérité, rigueur, économie, serrage de ceinture : tout ça c’est pareil !

Donc l’Etat transfère les charges sur les Départements qui les répercutent sur les villes et comme les villes sont en bout de chaîne, il ne leur reste plus qu’à augmenter les impôts de leurs habitants !

Vous avez arrêté de subventionner les crèches municipales et vous vous déchargez sur les communes de certains services comme le traitement RSA, l’élagage des arbres, la cession des voiries départementales, etc…

Le Département cette année a perdu de la DGF, c’est vrai, beaucoup, mais vous avez augmenté les années précédentes la fiscalité comme tous les ans auparavant et fait passer les droits de mutation au taux maximal de 4.5%. Vous bénéficiez donc d’une recette probable de 240 millions en augmentation sur l’année dernière.

Je rappellerai que notre ville de Charenton a versé 8 millions de droits de mutations, c’est énorme, surtout quand on les compare au retour que nous avons eu à travers notre collège et les quelques services sociaux et subventions que vous nous avez octroyés.

Vous avez bénéficié d’une CVAE de 6,2%. Pour les assujettis, la taxe foncière a augmenté de 2,4%. De combien a-t-elle augmenté depuis 6 ans ?

La dette qui s’élevait à 641 millions, soit 50% de plus qu’il y a 5 ans, sera augmentée cette année de 160 millions ! Ce sont vos successeurs qui rembourseront.

Pour les crèches, je suis toujours admiratif à la lecture de votre politique dynamique, avant-gardiste et unique en France avec 76 crèches départementales. Sauf que nous on n’en a pas. Nous c’est 0. D’où les crèches privées et confessionnelles qui fleurissent : c’est mieux que rien !

Votre politique de logement social n’a pas changé : mixité et locatif, pas un mot sur l’accession à la propriété sociale. Est-ce la meilleure façon d’aider le logement que de ne faire que du logement aidé ?

Votre effort porte en majeure partie sur Valophis qui vient de se faire accrocher sévèrement par un rapport de la Milos. Le nombre de logements sociaux mis en chantier est très inférieur aux engagements : c’est un constat.

Mais la question que je voulais vous poser est celle-ci : « Ne pensez-vous pas que le rêve de tous les locataires c’est d’être un jour propriétaire ? » « Est-ce la finalité de confier à d’autres le soin de gérer son chez soi, son foyer ? » « Payer tous les mois, toute la vie, un loyer à fonds perdus, est-ce motivant ? »

Ne faut-il pas au contraire responsabiliser les habitants pour acquérir puis entretenir leur bien avec des aides, des prêts à taux zéro pour qu’après 20 ans, ils soient chez eux avec un capital (j’ai prononcé le mot !) et un bien négociable ?

Nous sommes le pays européen qui comptons le plus de locataires. L’accession à la propriété doit rester un objectif majeur.

Bien sûr, il faut du logement très social pour ceux qui le veulent ou ne peuvent atteindre ce but.

Bien sûr, il existe des problèmes dans des copropriétés très dégradées. Mais est-ce mieux d’imposer une mixité sociale non choisie et mal vécue ? Il faut donner de l’espoir, fixer et stabiliser les familles.

Vous tentez de répondre à toutes les sollicitations sociales engendrées par la crise. Vous tentez de combattre la misère, la précarité, vous dites aider et vous mobiliser pour les droits sociaux et les territoires fragilisés évidemment.

Mais peut-on se poser la question de savoir pourquoi ces territoires sont fragilisés ? Certains de ces territoires, vous les administrez depuis plus d’1/2 siècle.

Pourquoi les entreprises sont parties ou ont fermé ? Les syndicats ont-ils une part de responsabilité ? A-t-on investi assez quand on le pouvait ? A-t-on su affronter la concurrence ? N’a-t-on pas vécu au-dessus de nos moyens ? A-t-on su s’adapter aux nouveaux marchés ? Est-ce en matraquant les entreprises et en alourdissant les charges salariales, et en licenciant les employés qu’on a fait face ?

Notre administration soi-disant tant admirée dans le monde, mais un peu pléthorique, a-t-elle su anticiper ? NON !

Voilà les vraies questions et les réponses : c’est l’effort de tous. Des jeunes tirés vers le haut et incités à rester en France. La solidarité, l’esprit d’entreprendre, la liberté du travail, la prise de risque et si la réussite est au bout, une juste récompense.

C’est la fin de mon dernier mandat de Conseiller général, j’ai profité de ce budget pour vous faire part de mes profondes convictions et souhaiter bonne chance au département et courage pour ceux qui prendront la relève.

Je vais vous faire un aveu : ce n’est pas drôle d’être dans l’opposition … mais cela aurait pu être pire ! Alors MERCI quand même.

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