Accueil Actualités Dossiers Votre département Espace privé Contact
Accueil > Actualités
Emplois d’avenir : une mauvaise réponse au chômage des jeunes

Retrouvez l’intervention de Marie-Do Aeschlimann prononcé à l’occasion de la séance plénière du 14 février 2013 sur le thème des emplois d’avenir.

Contrats d’Avenir : la région fait du vieux avec du neuf

Après avoir entendu ce chœur de louanges, vous m’autoriserez quelques notes dissonantes. Non par esprit de système, non par idéologie.

Justement, L’idéologie irrigue votre programme de Contrats d’Avenir.

C‘est une mauvaise façon d’aborder et de traiter efficacement le chômage des jeunes franciliens peu ou pas qualifiés.

Or, l’idéologie est là, lorsque vous prenez délibérément le parti de mettre le secteur marchand sur la touche. C’est un nouvel acte de défiance envers l’entreprise. Le renvoi à un arrêté du Préfet de Région, listant les secteurs d’activité marchande éligibles, est de ce point de vue éloquent.

Contre toute logique, en Ile-de-France, pour créer de l’emploi, le secteur non marchand devient la règle, le secteur marchand l’exception. Les 10 Mds d’impôts supplémentaires décidés par le gouvernement Ayrault en 2013, c’est la même logique contre productive qui opère.

L’idéologie est là, lorsque vous recyclez de vieilles recettes éculées. Lorsque vous faites du neuf avec du vieux. Oui, monsieur le Président, les Contrats d’Avenir sont des contrats du passé ; ils n’ont d’avenir que le nom : c’est le retour des vieux « emplois jeunes » relookés.

J’en conviens, ils sont revêtus de nouveaux atours : un effort de formation, une promesse de suivi. Nous y reviendrons.

Mais cela suffit-il à assurer l’insertion professionnelle durable des jeunes franciliens peu qualifiés ? Je ne le crois pas.

Des emplois aidés, tous les gouvernements en ont fait. Les emplois aidés font partie de la panoplie classique de lutte contre le chômage.

Mais les emplois aidés ne peuvent pas constituer l’alpha et l’oméga d’une politique pour un public jeune rencontrant des difficultés particulières d’insertion. Or, vous ne cessez de baisser vos aides à l’apprentissage, une voie reconnue pour ses bons résultats en termes d’insertion.

Il ne sera pas dit que nous nous opposons par principe.

Nous croyons qu’il faut plus de moyens pour l’apprentissage. Regardons un peu ce qui se fait ailleurs. Regardons l’Allemagne…

L’Allemagne a abandonné les emplois aidés. La France est le dernier pays d’Europe à croire encore dans les emplois aidés.

L’Allemagne a structuré une filière d’apprentissage qui assure à ses jeunes une insertion rapide et durable, allant des premiers niveaux de qualification au supérieur.

Ici, l’apprentissage permettrait d’assurer à nos artisans une relève formée à tous ces métiers menacés de disparaître faute de candidats, et à nos TPE-PME, 80 000 en IDF, une main d’œuvre qualifiée. Mais :
-  vous avez choisi de baisser les aides aux apprentis de niveau CAP-BEP,
-  vous avez limité la prise en charge des formations de niveau I et II,
-  vous avez baissé de 20% la prime aux employeurs d’apprentis,
-  et pour couronner le tout, les crédits régionaux pour la rénovation et la construction des Centre de Formation des Apprentis (CFA) en IDF baisseront de 30% en 2013.

Sur les dernières années, l’effort pour l’apprentissage a été porté par l’Etat, grâce à la revalorisation de sa contribution à l’ACOM et aux réformes décidées par Nicolas Sarkozy.

Pour le reste, votre budget 2013 ampute de 10% la ligne pour le programme Avenir pour l’emploi de jeunes. Il n’y aura pas un parrainage de plus, sorti des 1748 réalisés en 2012, et 100 actions d’orientation de plus pour répondre à la demande croissante d’insertion des jeunes.

En 2013, avec un chômage en hausse de 9% en IDF, plus fort que toutes les autres régions métropolitaines, votre joker, c’est le Contrat d’Avenir !

14 003 CA franciliens devraient voir le jour en 2013. C’est peu, comparé aux 80 000 jeunes en suivi par les missions locales franciliennes, marginal au regard des 120.000 jeunes Franciliens sortant chaque année du système scolaire sans diplôme, dérisoire si l’on envisage les 150 000 jeunes occupant un emploi précaire ou peu qualifié dans notre région.

14 003 propositions, dans la première région de France, c’est un peu comme vider la mer avec une cuillère à café.

Disons le, vous venez au secours du soldat Hollande, en bien mauvaise posture. C’est touchant. Vous n’hésitez pas à lui sacrifier, sans aucune concertation préalable avec les structures bénéficiaires, une politique régionale, dont vous disiez grand bien encore récemment : les emplois tremplins.

Les associations sont en émoi. Entendez les. Certains groupes de votre majorité aussi, en témoignent les amendements pour sauver les emplois-tremplins.

Vous venez de repousser la motion de renvoi de Valérie Pécresse.

Vous n’êtes pas d’accord avec les conclusions du rapport de la Cour des Comptes sur les politiques de l’emploi en France ? Rapport qui cloue au pilori les emplois aidés, et singulièrement ceux créés dans le secteur non marchand… C’est étonnant : ce rapport est paru le 8 janvier. Vous avez, je crois, quelques connexions avec la Cour des comptes ? Ils ne vous ont pas prévenus ? Dans l’opposition, vous sembliez plus attentifs a ses recommandations.

Alors, au Mouvement populaire, nous sommes pour l’emploi dans les associations et autres Structures d’Insertion par l’Activité Economiques. Elles font un travail estimable, utile même. Qu’elles en soient remerciées. Mais la pérennité de leurs emplois aidés sera tributaire du maintien de la subvention publique. Ce que vous ne pouvez pas assurer…

J’ajoute, qu’il y a une forme de tromperie à proposer ces emplois d’avenir sous la forme d’un Contrat à Durée Indéterminée dont le financement est… à durée déterminée à 3 ans.

Si la région s’obstine à tout miser sur les Contrats d’Avenir, elle prend le risque de créer une « génération précaire » qui accumulera les contrats subventionnés.

Nous devons proposer un autre horizon à notre jeunesse.

Plus grave, vous prenez le risque de mettre en place une insertion professionnelle à deux vitesses : aux jeunes diplômés, l’emploi dans l’entreprise, aux jeunes peu ou pas qualifiés, la perspective d’un emploi protégé dans le secteur non marchand.

Comment pourrions-nous institutionnaliser cette différence de traitement ?

Enfin, je ne crois pas que la formation prévue dans le pack « emplois d’avenir » suffira à préparer leurs titulaires à rebondir…

Je le voudrais bien, mais j’en doute.

D’abord parce qu’il faudrait adapter l’offre de formation, la rendre plus accessible. Actuellement, l’offre de formation parvient tout juste à satisfaire 10% des demandeurs d’emploi. L’appareil de formation, les circuits de financement, le public éligible, tout doit être revu. Et en région, collectivité compétente pour la formation, vous continuez d’empiler les dispositifs-cataplasmes. Au-delà de lui proposer une occupation, il faudrait améliorer l’employabilité de la jeunesse francilienne peu qualifiée. Cela passe par une détection précoce des situations de décrochage et d’échec scolaire. Il faut aussi harmoniser et renforcer l’évaluation de la qualité des formations en alternance.

Vous voyez, monsieur le Président, nous sommes prêts à travailler, dans l’intérêt des franciliens, sur ces enjeux au cœur de la compétence régionale.

Mais votre texte manque d’imagination. C’est surtout une occasion ratée de proposer une politique cohérente de l’emploi des jeunes, qui aurait pu donner un cap clair et faire sens.

Gardons-nous de susciter le désenchantement et de nourrir la désillusion de milliers de jeunes. Songeons au propos d’Abraham Lincoln, cruellement d’actualité : « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps, vous pouvez tromper tout le monde un certain temps, mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps ».

Retrouvez cet article sur le site du Groupe Mouvement Populaire Ile-de-France : http://www.ump-iledefrance.fr/2013/...

Info département
Sénateurs Les Républicains du Val-de-Marne Le Site de Catherine PROCACCIA Le Site du groupe Les Républicains au Conseil Régional d'Ile-de-France Site de Jean-Daniel AMSLER Le Blog de Pierre-Jean GRAVELLE Le blog d'Emmanuel GILLES DE LA LONDE Les Républicains Le blog de Nicolas TRYZNA
Plan du site  |  Mentions légales  |  Crédits