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Europe : le PS prêt à se déchirer à nouveau

L’aile gauche conteste les résultats du vote des militants sur l’Europe, avant la convention du parti sur ce thème dimanche.

Les socialistes n’en finiront décidément jamais de se déchirer sur l’Europe. À la veille de la convention du parti sur le sujet, qui se tiendra dimanche à Paris, la tension monte entre la direction du PS et son aile gauche. En fin de semaine dernière, les militants socialistes ont voté sur le texte censé définir la ligne du parti sur l’Europe, à quelques jours du Conseil européen des 27 et 28 juin. Un vote redouté par la direction du PS, alors que les critiques contre l’austérité en Europe n’ont jamais cessé. En avril, plusieurs ministres (Cécile Duflot, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon) avaient critiqué les politiques d’austérité européennes. Quant au président de l’Assemblée Claude Bartolone, il avait carrément appelé la « confrontation » avec la chancelière allemande Angela Merkel. Soucieux d’éviter un « vote défouloir » des militants, le premier secrétaire Harlem Désir a œuvré pour qu’un seul texte (« Notre Europe ») soit soumis au vote. L’aile gauche aurait préféré proposer un texte alternatif, plus offensif encore contre les politiques d’austérité. Les amis de Benoît Hamon (Un monde d’avance) et ceux d’Emmanuel Maurel (Maintenant la gauche) ont dû se rabattre sur des amendements pour durcir le texte. L’un d’eux propose une suspension du pacte de stabilité. Un autre veut rendre responsable la Banque centrale européenne devant les gouvernements nationaux. Le texte plaide pour une réorientation de l’Europe face aux conservateurs européens, notamment en Allemagne, à un an des élections européennes de 2014, qui s’annoncent catastrophiques pour la majorité. Une première version, publiée dans Le Monde, avait donné lieu à un véritable psychodrame le mois dernier. Celle-ci dénonçait « l’intransigeance égoïste » de la chancelière Merkel et prônait la confrontation politique avec l’Allemagne. Ce qui avait conduit le premier ministre à rassurer Berlin. Polémique sur les amendements

La nouvelle mouture du texte, adoucie, a été approuvée par près de 90 % des votants (55 000 militants se sont déplacés). Mais c’est avec les amendements que le bât blesse. Selon la direction, aucun des 13 amendements n’a atteint la barre des 30 %. Les courants d’Hamon et de Maurel dénoncent la méthode de calcul choisie par la direction. « Si on ne compte pas les abstentions, les bulletins blancs ou nuls comme des votes contre, nos amendements sont majoritaires en nombre de voix, conteste la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. La direction a voulu biaiser le débat ! » Une réunion de la commission des résolutions se tiendra mercredi au siège du parti. « Harlem Désir a dû promettre au gouvernement qu’il n’y aurait pas de problème avec cette convention, note le secrétaire général d’Un monde d’avance, Guillaume Balas. Il a inventé une méthode de calcul absurde. Ils vont être obligés d’intégrer nos amendements. Sinon il y aura une grosse polémique. » Au-delà de la polémique sur les chiffres, l’aile gauche estime que ce vote envoie clairement un « signal politique » pour une « réorientation de l’Europe qui en finirait enfin avec les politiques d’austérité ». « L’un des amendements qui ont recueilli le plus de voix est celui qui prône la suspension du pacte de stabilité », se réjouit ainsi Lienemann. Dans l’entourage du premier secrétaire, on analyse très différemment les résultats : « L’aile gauche du PS, alliée à Claude Bartolone, a essayé de faire de ce vote un test politique sur la réorientation de l’Europe, avec de manière sous-jacente la remise en cause de la politique budgétaire nationale. Ils pensaient profiter de la désillusion des militants et comptaient sur une faible mobilisation. Nous-mêmes redoutions une vraie remise en cause. À l’arrivée, l’aile gauche n’a pas obtenu les scores qu’elle souhaitait et il n’y a pas eu de révolte sur le fond. » Reste que cette convention du parti sur l’Europe sera surveillée comme du lait sur le feu par l’Élysée et Matignon. Inquiet de voir s’ouvrir un débat sur ce sujet sensible pour les socialistes depuis 2005, Jean-Marc Ayrault avait, un temps, suggéré de la repousser. « Ça va se passer calmement, veut croire le député de Paris, Jean-Christophe Cambadélis. Le texte est ultramajoritaire. Ce qui signifie que le PS dans son ensemble est favorable à l’action de François Hollande en Europe, même si une minorité s’en inquiète. Cela étant dit, sur l’Europe, le feu couve toujours sur la cendre. »

Le Figaro par Solenn de Royer

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