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Forte baisse du chômage… en trompe l’œil

50.000 personnes de moins étaient inscrites à Pôle emploi en août. Un reflux lié à un pur effet statistique.

L’inversion de la courbe du chômage, promise par François Hollande pour la fin de l’année, se serait-elle produite avec plusieurs mois d’avance ? Pour la première fois depuis avril 2011, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie A (c’est-à-dire ceux n’ayant exercé aucune activité) a diminué en août. Et même très sensiblement : de 50.000 personnes ! En prenant en compte les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite (catégories B et C), la tendance est même plus accentuée, avec une chute du nombre de chômeurs inscrits en A, B et C de 62.700. Autre bonne nouvelle, le chômage des moins de 25 ans a reculé en août, confirmant le mouvement de baisse amorcé en mai.

Toutefois, Michel Sapin ne crie pas victoire : « Ces chiffres sont encourageants mais doivent encore être interprétés avec prudence, explique le ministre du Travail. Les résultats d’un mois ne font pas un retournement. Une baisse en août ne permet pas d’exclure une hausse le mois suivant. » De fait, la circonspection est de mise. Car la baisse du chômage en août est d’abord le fait d’un effet statistique, effet que le ministère se garde d’ailleurs bien de mentionner dans son communiqué. Alors que 190.000 à 210.000 personnes oublient en moyenne chaque mois d’actualiser leurs données à Pôle emploi - en ne se rendant pas à une convocation par exemple -, elles ont été 277.500 en août. Soit une explosion, injustifiée, de près de 40% sur un mois. Or cette absence de mise à jour entraîne une suspension temporaire de l’inscription à Pôle emploi. Résultat, 77.500 personnes de plus qu’en juillet sont sorties en août des chiffres du chômage par ce simple phénomène. De quoi relativiser donc les « bons » résultats du mois !

Surtout que l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi de plus d’un an dans le total des chômeurs (41% en juillet, 41,4% en août) est inquiétante. Nombre de Français sont durablement éloignés du marché du travail. Il faut rappeler que l’éclaircie d’août, avec ses 50.000 chômeurs en moins, est une goutte d’eau : elle ne fait que ramener le chômage à ses niveaux de mai, effaçant les hausses de juin et juillet. D’avril 2011 à juillet 2013, le chômage n’a cessé de progresser, à un rythme seulement moins rapide ces derniers mois. En août, la France comptait toujours 3,2 millions de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A et 4,79 millions en cumulant les catégories A, B et C. Un désastre économique et humain. Qui prendra fin uniquement lorsque la croissance économique dépassera les 1,5%, seuil à partir duquel le secteur privé crée des emplois.

Pour l’instant, la France est loin de telles performances. Le gouvernement table sur une hausse du PIB de 0,1% en 2013, et de 0,9% en 2014, trop peu pour créer des emplois. En réalité, l’exécutif compte sur les contrats aidés pour inverser la courbe du chômage en fin d’année (même si ce levier n’a pas joué en août). Et ne s’en cache pas. Michel Sapin pousse pour que 100.000 emplois d’avenir soient signés d’ici à la fin de l’année. Un objectif atteignable car 60.000 l’ont été à ce jour.

Le gouvernement mise également sur le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), censé créer 90.000 emplois par un allégement du coût du travail. Mais aussi sur les contrats de génération et sur l’apprentissage. Sauf que ces deux derniers outils sont à la peine. D’ailleurs, le ministère du Travail ne donne pas le nombre de contrats de génération et se réjouit, dans son communiqué, de pouvoir « éviter toute diminution significative du nombre d’apprentis » à la rentrée.

Les données de fonds, celles liées à l’activité économique, décrivent d’ailleurs une situation mi-figue, mi-raisin. Le fait que les entrées à Pôle emploi pour fin de mission d’intérim (-9,5%), fin de CDD (-7%) et licenciement économique (-1,6%) aient diminué en août est un bon signal : il signifie que les destructions de postes ralentissent, en lien avec la légère amélioration de la croissance depuis le printemps. Autre élément positif, les sorties de Pôle emploi pour reprise d’emploi sont en hausse de 4,5%. « Il y a moins de personnes qui se sont inscrites, il y a plus d’embauche dans les entreprises », en a conclu Michel Sapin sur RTL.

Le Figaro Par Cécile Crouzel

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