Accueil Actualités Dossiers Votre département Espace privé Contact
Accueil > Actualités
Gilles Carrez : La stratégie du tout-impôt conduit à l’impasse

INTERVIEW - Le président UMP de la commission des finances veut « une opération vérité sur les comptes publics ».

LE FIGARO. - Êtes-vous surpris par l’annonce de Pierre Moscovici d’un possible déficit supérieur aux attentes du gouvernement ?

Gilles CARREZ. - Quand au mois de juin j’ai fait part de mon inquiétude de voir le déficit budgétaire déraper et atteindre 80 milliards d’euros, Pierre Moscovici m’a accusé de mensonge. Aujourd’hui, force est de constater que mon estimation était malheureusement la bonne. Cela ne m’étonne pas. D’autant que la Cour des comptes a rapidement confirmé mes inquiétudes. Le comble reste qu’il faut lire l’entretien que Pierre Moscovici a accordé au Wall Street Journal pour savoir où en est la situation budgétaire de la France. Cette politique délibérée qui consiste à tenir le Parlement français dans l’ignorance de la gravité de nos comptes est inacceptable.

Que pensez-vous du rapport du FMI ?

Il met en évidence l’échec certain d’une stratégie de réduction des déficits publics fondée exclusivement sur l’augmentation des impôts. Le FMI a raison de demander que l’effort porte en priorité - si ce n’est exclusivement - sur la réduction des dépenses. Mais j’observe que le FMI est lui aussi victime du manque d’informations délibéré du gouvernement sur l’évolution réelle du déficit public français. Avec 4% du PIB au moins en 2013, soit 80 milliards d’euros de déficit réel au lieu des 3% prévus, la France s’avance très lentement sur le chemin de la baisse des déficits. L’effort réel de 2013 va être bien moindre que celui des années précédentes.

Qu’attendez-vous aujourd’hui ?

Depuis deux mois, nous réclamons une opération vérité sur les comptes publics. Compte tenu de l’aggravation du déficit de plus de 20 milliards d’euros par rapport à ce qui a été voté fin 2012, nous réclamons un collectif budgétaire. L’intérêt général aurait été de discuter d’une loi de finances rectificative pendant la session extraordinaire de juillet. Le gouvernement a préféré inscrire à l’agenda des textes d’intérêt secondaire. Cela revient à se mettre la tête dans le sable.

Quelle est l’urgence ?

L’enjeu est de conserver la confiance de nos prêteurs, au moment où la France est le premier emprunteur de la zone euro. Or, le gouvernement est parti en vacances une bonne partie du mois d’août sans traiter le sujet de la dérive des comptes publics, ni même l’aborder au dernier Conseil des ministres la semaine dernière. Je crains un réveil très douloureux à la rentrée. Cette situation aura un impact très négatif sur la présentation du budget pour 2014, le 25 septembre.

Quelles sont vos préconisations ?

Le gouvernement estime entre 10 et 12 milliards d’euros les prélèvements, impôts, taxes et cotisations supplémentaires qu’il conviendrait de lever. Et ce, sans compter la réforme des retraites qui serait, elle, financée par une augmentation générale de la CSG. Mais la stratégie du « tout-impôt » ne peut que conduire à l’impasse. La pression fiscale est devenue telle que nous sommes entrés dans la zone dangereuse du rendement décroissant de la fiscalité : trop d’impôt tue l’impôt. Les budgets 2014 devraient mettre la priorité absolue sur la réduction de dépenses. Sur les 1000 milliards d’euros de dépenses de l’État et de la Sécurité sociale, 10 milliards doivent être économisés. Soit 1% de nos dépenses. Cet effort indispensable serait beaucoup moins dangereux pour la croissance que de nouvelles hausses d’impôts.

Au risque de quoi ?

En 2012, la France était déjà le deuxième pays de l’OCDE pour le niveau de ses dépenses publiques et de ses prélèvements obligatoires. Il semble que nous passerons en tête, devant le Danemark, dès le début de l’année prochaine. Ce qui est un handicap dans un contexte de grande mobilité internationale. À ce titre, l’absence de communication du gouvernement sur l’ampleur de l’exode fiscal, là encore, me fait craindre le pire. Nous avons adressé un questionnaire sur le sujet le 16 décembre et j’ai relancé les ministres à quatre reprises depuis. Sans aucun succès. Nous ne disposons même pas des données concernant les contribuables assujettis à l’ISF en 2011 et qui ont quitté cette année-là le territoire national. Cette mauvaise volonté évidente à fournir des informations me paraît pour le moins suspecte.

Info département
Sénateurs Les Républicains du Val-de-Marne Le Site de Catherine PROCACCIA Le Site du groupe Les Républicains au Conseil Régional d'Ile-de-France Site de Jean-Daniel AMSLER Le Blog de Pierre-Jean GRAVELLE Le blog d'Emmanuel GILLES DE LA LONDE Les Républicains Le blog de Nicolas TRYZNA
Plan du site  |  Mentions légales  |  Crédits