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Gilles Carrez (UMP) : "L’État se paupérise, mais ses dépenses sociales flambent !"

Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale et député UMP du Val-de-Marne sonne l’alarme à propos des dépenses sociales de l’État.

Le Point.fr : Le projet de loi de finances actuellement débattu à l’Assemblée nationale vous paraît-il aller dans le bon sens ?

Gilles Carrez : Soyons honnêtes, il y a un effort réalisé par rapport à la loi de finances 2013. Le budget de l’État va voir ses dépenses baisser de 1,5 milliard d’euros en valeur courante. La conjoncture a été favorable, car de grosses économies ont été réalisées sur les intérêts de la dette. Pour 2013, on avait prévu de dépenser 46,9 milliards, on terminera l’année à 45 milliards. Ça fait donc 1,9 milliard d’économisé. Pour l’an prochain, nous inscrivons la somme de 46,7 milliards d’euros, donc un chiffre inférieur à la prévision 2013. Ça, c’est exceptionnel. Mais, attention, les taux d’intérêt remontent... L’autre économie provient de la réforme des retraites du gouvernement Fillon. Engagée en 2010, cette réforme nous permet d’économiser 200 à 300 millions d’euros. Et cependant, il y a de quoi être très inquiet.

D’où provient votre inquiétude ?

Malheureusement, tous ces efforts sont ruinés par l’érosion des recettes selon l’adage bien connu : trop d’impôts tuent l’impôt. Sur tous les impôts, nous constatons de moindres rentrées. En 2013, il manque 2 milliards d’euros de recettes concernant l’impôt sur le revenu, 4 ou 5 milliards d’euros de retard sur la TVA, sans qu’on puisse l’expliquer. Enfin, l’impôt sur les sociétés accuse un manque à gagner de 4 milliards d’euros dans les caisses de l’État. Donc, ce sont 11 milliards d’euros qui, en exécution, manquent à l’appel... En revanche, le gouvernement a tenu ses objectifs de dépenses. Le fameux dérapage des finances publiques qui nous a fait sortir de la trajectoire, avec un déficit de 4,1 % du PIB, n’est pas dû aux dépenses, mais à ce retard dans les recettes. Vu le matraquage fiscal, nous n’avons plus de marge de manoeuvre s’agissant des impôts. Donc, le gouvernement doit désormais faire l’effort de réduire les dépenses.

Certes, mais ce n’est pas vraiment ce qui se prépare...

S’agissant des dépenses de fonctionnement de l’État, là aussi, soyons honnêtes : on atteint l’os. On ne peut guère aller plus loin. Déjà aujourd’hui, l’État se paupérise, et, si on continue, les fonctionnaires n’auront plus les moyens d’exercer leurs missions correctement. En revanche, les dépenses d’intervention de l’État flambent ! S’agissant du social, c’est la hausse partout. D’abord, la réforme des retraites va coûter plus cher que le régime actuel en raison du coût de la pénibilité et des mesures de justice. Mais on peut continuer : la revalorisation du RSA de 2 % au 1er septembre 2013, la généralisation du tiers payant, la garantie universelle des loyers de la loi Duflot, l’augmentation de 7 % du plafond de ressources de la CMU qui devrait profiter à 750 000 personnes de plus, la suppression du jour de carence des fonctionnaires qui coûtera 100 millions d’euros de plus dans les hôpitaux publics...

Dans ces conditions, pensez-vous que la France puisse revenir, comme elle s’y est engagée vis-à-vis de Bruxelles, dans la trajectoire financière, à savoir un déficit de 3,6 % en 2014, puis de 2,8 % en 2015 ?

Sur le budget lui-même, nous n’aurons pas de gros problèmes. Et d’ailleurs, Pierre Moscovici est allé très vite présenter sa copie au commissaire européen Olli Rehn, qui a jugé ce projet de budget responsable et prudent. Le vrai problème viendra de la réforme des retraites qui est d’une habileté dérisoire par rapport aux efforts qui sont nécessaires. Quand l’Europe aura achevé de dépiauter cette réforme et qu’ils comprendront l’impact financier de la pénibilité...

Craignez-vous que la troïka (Commission, FMI, BCE) débarque en France ?

Si la Fed relève ses taux, ce scénario n’est pas exclu. Je peux vous dire que les Allemands sont terrorisés de ce qui se passe en France...

Le Point Par EMMANUEL BERRETTA

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