Accueil Actualités Dossiers Votre département Espace privé Contact
Accueil > Dossiers > Politique Nationale
Gilles Carrez : « Un début de révolte fiscale »

INTERVIEW - Gilles Carrez, président (UMP) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, ne s’étonne pas « que les départs vers les pays voisins s’accélèrent » et affirme que le gouvernement est « dans le déni de réalité » sur cette question.

LE FIGARO.- Le départ de Gérard Depardieu révèle-t-il une accélération des exils fiscaux ?

Gilles CARREZ.- L’affaire Depardieu met en évidence une situation très préoccupante. La France avait déjà une fiscalité élevée, la nouvelle majorité l’a encore accrue : nous avons atteint le seuil d’overdose fiscale ! Comme notre pays fait partie d’un ensemble, l’Union européenne, où la liberté de circulation est totale, il ne faut pas s’étonner que les départs vers les États voisins s’accélèrent. Mais, malgré les multiples témoignages des fiscalistes, des notaires, des experts-comptables qui notent tous un mouvement d’exil, l’actuel gouvernement est dans le déni de réalité. J’ai demandé aux ministres de Bercy de me fournir des statistiques sur les départs et les retours à l’étranger. J’attends leur réponse.

Craignez-vous un manque à gagner massif pour l’État ?

Oui. Ce manque à gagner pourrait atteindre plusieurs centaines de millions voire quelques milliards d’euros. En effet, les pertes de recettes liées à la politique menée par le gouvernement ne se limitent pas au problème des exils. Cette majorité a stigmatisé les chefs d’entreprise et la réussite matérielle. Résultat, des patrons, des professions libérales me disent qu’ils lèvent le pied, qu’ils freinent leur activité. Cela va se traduire par moins de recettes pour les caisses publiques. Nous assistons à un début de révolte fiscale. Le consentement à l’impôt, qui est capital en démocratie, est écorné. C’est très inquiétant. Et budgétairement, le redressement des comptes publics va en pâtir. Comme parallèlement le gouvernement n’ajuste pas les dépenses publiques, un fardeau fiscal supplémentaire ne va-t-il pas être transféré sur les classes moyennes pour compenser les manques à gagner ?

Certains réclament un changement de règle obligeant tout Français, quel que soit son pays de résidence, à payer de l’impôt hexagonal. Qu’en pensez-vous ?

Cette option est une vue de l’esprit. Seuls les États-Unis -un pays au bras très long !- lient la nationalité et le paiement des impôts. Si nous décidions de faire de même, il faudrait que nous renégociions nos conventions fiscales avec les autres pays. Tout en vérifiant que cela reste compatible avec les règles de libre circulation de l’Union européenne. Une mission quasiment impossible.

Le Figaro Par Cécile Crouzel Mis à jour le 17/12/2012 à 23:37 | publié le 17/12/2012 à 17:41

Info département
Sénateurs Les Républicains du Val-de-Marne Le Site de Catherine PROCACCIA Le Site du groupe Les Républicains au Conseil Régional d'Ile-de-France Site de Jean-Daniel AMSLER Le Blog de Pierre-Jean GRAVELLE Le blog d'Emmanuel GILLES DE LA LONDE Les Républicains Le blog de Nicolas TRYZNA
Plan du site  |  Mentions légales  |  Crédits