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La réforme des rythmes scolaires ira-t-elle jusqu’au bout ?

Ni report ni rallonge budgétaire…pour l’instant. Sous le feu des critiques, le ministre de l’Education a défendu hier sans ciller le passage aux 4,5 jours d’école.

A peine née, à peine expérimentée, la réforme des rythmes scolaires, appliquée dans seulement 20% des écoles françaises en cette rentrée 2013, ploie sous le poids des manifs, des grèves, des pétitions ou des appels au boycott. Au point qu’une réunion sur cette réforme controversée a été organisée hier à l’Elysée dans la foulée du Conseil des ministres. Une réunion sans annonce, sinon la « réaffirmation du bien-fondé de cette réforme entièrement dédiée à la réussite des enfants et à leur bien- être ». Pas suffisant pour faire taire les critiques contre les nouveaux rythmes, dont on se demande s’ils parviendront, et dans quel état, à leur généralisation à toutes les écoles en septembre 2014.

A Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les animateurs et les parents ont manifesté ensemble vendredi et une grève est prévue aujourd’hui . Désormais, la grogne descend dans la rue. Dans le même temps, le chef de file de l’UMP Jean-François Copé demande au gouvernement le report de la réforme ; les sénateurs UMP réclament une mission d’information sur les rythmes scolaires ; hier enfin, l’Association des maires de France (AMF) exigeait « une remise à plat des modalités du financement de la réforme dont le coût ne peut être supporté par les communes ». En clair, la pérennisation du « fonds d’amorçage » accordé aux villes qui ont changé de rythme dès cette année, soit 50 € par élève.

Vincent Peillon a eu beau hier affirmer qu’il « y a un très grand succès de cette réforme », elle ne fait plus consensus et n’échappe pas au destin des réformes de l’Education nationale, décidément vouées à la contestation. Celle-là avait pourtant de beaux atouts pour elle. Une consultation avait en effet déjà été lancée en 2010 par Luc Chatel, le précédent ministre de l’Education. Sitôt nommé, Vincent Peillon l’a reprise, et parents et profs approuvaient ce retour à la semaine de 4,5 jours. Cependant, dès janvier, les premières protestations d’ampleur sont venues des enseignants parisiens, sans plus cesser. Ne manquaient plus que les attaques de l’opposition.

« Le temps pédagogique est un temps très long. Un enfant passe cinq ans du CP au CM 2, aucun ministre n’est resté aussi longtemps en poste depuis les années 1960, regrette Antoine Prost, historien, spécialiste de l’école. L’alternance politique est en train de détruire notre école. Pourtant, observe-t-il, c’est difficile de réformer l’école, mais c’est possible. »

De fait, hier, la FCPE, la principale fédération de parents d’élèves, est venue à la rescousse du gouvernement, lui demandant « de rester ferme pour que la réforme des rythmes bénéficie à tous les enfants de France dès la rentrée 2014 ». Le Snuipp, premier syndicat d’enseignants du premier degré, a lancé une pétition pour la réouverture de discussions sans pour autant réclamer le report de la réforme. « Mais, si on veut la réussir, il faut de la souplesse, pouvoir déroger aux règles strictes », souhaite Sébastien Sirh, son secrétaire général.

Hier, Vincent Peillon concédait seulement qu’il fallait faire quelques efforts sur les recrutements ou les locaux. « Nous allons aider les maires à faire une meilleure offre », a-t-il déclaré… Sans pour autant répondre sur une pérennisation des aides qu’ils réclament.

Le Parisien Véronique Maribon-Ferret

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