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Le ras-le-bol fiscal s’invite à l’Assemblée

Le gouvernement défend son budget et doit répondre à l’opposition et à son aile gauche.

Un plaidoyer sur les vertus de l’impôt. C’est la position qu’a opposée à l’Assemblée le gouvernement au « ras-le-bol fiscal » des Français, mesuré dans les sondages comme dans les urnes. L’exécutif rappelle que ce sont les impôts qui permettent de financer des postes d’infirmières ou de policiers. « Que nous ayons une réflexion sur le niveau des prélèvements obligatoires est légitime. Mais faisons attention au poujadisme fiscal car l’impôt est consubstantiel au pacte républicain », a mis en garde mardi Bernard Cazeneuve à l’ouverture du débat budgétaire à l’Assemblée.

Revêtu d’un costume trois-pièces bleu nuit, le ministre du Budget s’est exprimé sans note pendant une bonne heure, répondant par avance aux attaques de l’opposition UMP et UDI sur « un matraquage fiscal sans précédent ». Le président UMP de la commission des finances, Gilles Carrez, lui a répondu en séance : « Vous verrez l’an prochain si les classes moyennes trouvent une vertu à l’impôt, quand le poids des prélèvements ne cesse d’augmenter. »

Annonces contradictoires de Matignon

Aux députés de l’aile gauche de la majorité, qui sont bien décidés à défendre leurs amendements en faveur du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, Bernard Cazeneuve a assuré qu’il « comprenait les débats sur la solidarité au sein de la majorité » et qu’il « les aborderait avec la volonté d’aller plus loin ». Mais le ministre du Budget, qui n’hésite pas à parler de « coproduction législative » (une expression inventée par Jean-François Copé, le patron de l’UMP !), n’a pas caché que les marges de manœuvre sur le budget 2014 étaient très limitées. D’autant que, pour la première fois de leur histoire, les budgets des États sont soumis au contrôle des autorités de Bruxelles. « N’opposons pas ménages et entreprises, soutien à l’investissement et pouvoir d’achat », a développé en substance dans son discours Bernard Cazeneuve.

Des propos qui n’ont pas rassuré les députés de l’aile gauche du PS. En réunion de groupe, Laurent Baumel, l’un des leaders de la Gauche populaire, a ainsi reproché mardi matin au premier ministre Jean-Marc Ayrault des annonces contradictoires, notamment sur le rétablissement de la niche fiscale pour les parents d’enfants scolarisés, dans un premier temps annulée. « C’est toujours nous qui faisons le sale boulot », a protesté le député d’Indre-et-Loire, qui a évoqué pêle-mêle la hausse de la TVA au 1er janvier 2014, très impopulaire dans l’opinion, ou encore le poids du crédit d’impôt compétitivité (CICE), décrit par certains comme « un cadeau fait aux entreprises ». Piquant un fard, Jean-Marc Ayrault lui a rétorqué que personne ne faisait « le sale boulot », et que le groupe socialiste devait être solidaire du gouvernement.

Les députés de l’aile gauche du PS font valoir leurs arguments, mais assurent qu’ils voteront le budget. De leur côté, les élus communistes et Front de gauche vont cette année franchir le Rubicon. Leur président de groupe, André Chassaigne, a annoncé mardi qu’ils voteraient contre le budget, alors qu’ils s’étaient abstenus en 2013. « Ce budget manque de courage politique. Au nom de la compétitivité, il focalise l’effort sur les plus modestes et on ne voit pas trace d’une véritable réforme fiscale avec un impôt progressif », a insisté le député PCF du Puy-de-Dôme.

Le Figaro Par Sophie Huet

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