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Montebourg garde ses distances avec le premier ministre

Le ministre du Redressement productif accompagnait Jean-Marc Ayrault dans son voyage en Chine. Il en a profité pour livrer quelques confidences acidulées aux journalistes.

Jeudi dernier, à Pékin. Le vent a balayé la pollution et il fait grand soleil sur la capitale chinoise. En cette fin d’après-midi, une lumière rasante caresse la Cité interdite anormalement calme. Elle a été vidée des centaines de touristes chinois qui la fréquentent d’ordinaire pour permettre au premier ministre français et à sa délégation de visiter les lieux en toute quiétude.

Arnaud Montebourg observe de loin le cheminement de la petite troupe qui entoure Jean-Marc et Brigitte Ayrault. Il y a autour du chef du gouvernement français et de son épouse quelques ministres délégués, des parlementaires, des conseillers, des journalistes à l’affût d’une petite phrase. Le groupe s’approche maintenant du Palais de l’Harmonie préservée. Et Montebourg lâche, grinçant : « Tiens, je vais photographier la petite nuée qui se déplace. »

Durant la visite, le ministre du Redressement productif est resté en retrait, à bonne distance d’Ayrault. Flatté de voir venir à lui les journalistes. Ravi de leur lâcher des confidences acides. « Hier, dans l’avion, le chef de cabinet d’Ayrault nous a distribué des fraises Tagada. Je lui ai dit : “Voilà ! C’est l’infantilisation de la République !” », raconte le ministre.

Les jours suivants, Montebourg a eu la même attitude, ne s’approchant de Jean-Marc Ayrault que lors de ses déclarations face caméras ou lorsqu’il s’agissait de sujets directement liés à son portefeuille ministériel. Ainsi c’est côte à côte que les deux hommes ont visité samedi matin l’usine PSA de Wuhan. « Je sens que Jean-Marc, c’est un spécialiste de la bagnole », s’est même amusé Montebourg devant Ayrault.

Mais le jeudi, après la Cité interdite, la forte tête du gouvernement avait préféré faire bande à part dans l’hypermarché Carrefour de Pékin. Allant jusqu’à multiplier les blagues pour attirer les journalistes à lui. « On ne m’avait pas dit que je ferai mes courses chez Carrefour », lançait-il hilare. Le soir, à l’ambassade de France, lors de la réception donnée par le premier ministre pour la communauté française, Montebourg, installé sur la tribune, semblait s’ennuyer ferme.

Cette distance cultivée rappelle furieusement un épisode récent. Début novembre, au cours d’un déplacement à Saint-Étienne, Arnaud Montebourg n’avait pas souhaité s’asseoir sur le canapé sur lequel avaient pris place Jean-Marc Ayrault et les ministres Pierre Moscovici, Geneviève Fioraso et Fleur Pellerin. Une place était restée vide, en dépit de l’insistance de Pellerin à le convaincre.

Le ministre du Redressement productif redoute-t-il de s’afficher avec un premier ministre désormais aussi impopulaire que ne l’était Édith Cresson ? Certains le croient. Après tout, l’homme flirte en permanence avec la ligne gouvernementale.

Alors qu’une baisse des dépenses publiques de 45 milliards d’euros sur la période 2015-2017 venait d’être annoncée, Montebourg dénonçait quelques jours plus tard, lors de l’émission des « Paroles et des actes », « trop de dureté monétaire et budgétaire » en Europe. Le ministre aurait d’ailleurs adressé une note sur le sujet au président de la République, avant l’annonce de ce nouveau tour de vis. Interrogé sur l’inflexion de la courbe du chômage, il sort son joker quand tant d’autres font encore semblant d’y croire : « Moi, Madame, je ne fais pas de pronostics. Ce n’est pas mon rôle, ni mon boulot. »

Le Figaro Par Anne Rovan

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