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Nouvelle polémique autour de l’ex-Epad

La droite des Hauts-de-Seine hurle au népotisme à propos de l’éventuelle nomination d’Amin Khiari, fils de la vice-présidente PS du Sénat, Bariza Khiari, à la direction générale de l’Établissement public de la Défense.

« Il n’est pas question que je m’exprime sur ce sujet ! » Vice-présidente socialiste du Sénat et sénatrice de Paris, Bariza Khiari n’apprécie visiblement pas la polémique naissante sur une possible nomination par l’État de son fils à la direction générale de l’Epadesa. Cet établissement public d’administration de la Défense fut rendu célèbre en 2009 lorsque Jean Sarkozy, conseiller général UMP des Hauts-de-Seine, en brigua la présidence avec le soutien de son père Nicolas Sarkozy, provoquant un immense scandale. L’établissement gère 4 milliards d’investissement sur les 564 hectares de la Défense. L’actuel directeur général est Philippe Chaix, un haut fonctionnaire qui avait été nommé par Nicolas Sarkozy.

Selon une information du point.fr, le gouvernement s’apprêterait à nommer Amin Khiari, 35 ans, à la direction de cet établissement. Il est soutenu par Cécile Duflot, ministre du Logement et de l’Égalité des territoires et l’une des ministres de tutelle de l’Epadesa avec le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, et la ministre de l’Écologie, Delphine Batho.

Cette information a tout de suite fait réagir à droite, où l’on se souvient cruellement de l’épisode de l’Epad et des accusations cuisantes de népotisme. « Si c’est vrai, c’est nettement plus grave que pour Jean Sarkozy, puisque le président n’a qu’un rôle de représentation, non rémunéré, et que le directeur possède tous les pouvoirs », tonne Éric Berdoati, maire de Saint-Cloud et président du groupe UMP au conseil général des Hauts-de-Seine.

Député européen, maire UMP de la Garenne-Colombes et membre du conseil d’administration de l’Epadesa, Philippe Juvin a aussi dénoncé cette possible nomination, jugeant qu’Amin Khiari était « avant tout le fils d’une sénatrice socialiste et qu’après l’affaire de la femme de Claude Bartolone, cela (faisait) beaucoup de nominations familiales cette semaine ». « Ce M. Khiari, accuse-t-il, est bien connu du département des Hauts-de-Seine. Il a été récemment remercié par Charles Pasqua pour sa mauvaise gestion des deniers publics au Pôle Léonard de Vinci. L’incompétence professionnelle, s’interroge-t-il, est-elle devenue un critère de choix aux postes à responsabilité ? »

Conseiller général PS des Hauts-de-Seine, Jean-André Lasserre observe à l’inverse que « la droite semble avoir bien peur du changement et de possibles révélations alors que la Cour des comptes se penche de très près sur la Défense »…

Au sein de l’Epadesa, des voix s’étonnent du profil « commercial » du jeune candidat, ancien élève de l’Essec. « Nous sommes très étonnés, indique un proche du dossier. Ce sont généralement des préfets, des énarques, des polytechniciens qui sont nommés à ce poste, ou tout au moins des profils qui ont une bonne et longue expérience de l’aménagement et du service de l’État. » On se demande si « la fuite » n’a pas été organisée dans le cadre d’une rivalité entre les ministères de tutelle de l’Epadesa.

Présidente de l’Epadesa, Joëlle Ceccaldi-Reynaud reste prudente et juge que s’il devait être nommé « ce ne serait pas un bon choix ». La maire UMP de Puteaux a rencontré il y a quelques jours Cécile Duflot, qui ne lui a « rien dit » de cette éventuelle nomination. La ministre s’est contentée de lui demander de convoquer en urgence un conseil d’administration extraordinaire, pour les prochains jours. A priori, un seul plat au menu : la discussion d’un rapport - que personne n’a pu lire au conseil d’administration - sur les relations de l’Epadesa avec un autre établissement public plus petit, De Facto, chargé de la gestion et de l’animation de la Défense. Le tout sur fond de très gros travaux et de lourdes factures à venir pour la rénovation des lieux.

Amin Khiari connaît les Hauts-de-Seine pour avoir été, à partir de 2004, enseignant au Pôle universitaire Léonard de Vinci fondé par Charles Pasqua, avant d’y gravir progressivement les échelons et d’en devenir directeur général. Un rapport déplorable de la chambre régionale des comptes sur la gestion du Pôle en 2010 provoquera son départ.

Un seul, à droite, prend sa défense : Chenva Tieu, actuel secrétaire national de l’UMP à l’Asie et ex-candidat aux législatives à Paris, membre fondateur du Club du XXIe siècle avec, entre autres personnalités, Bariza Khiari… « Amin Khiari est issu de la méritocratie à la française, indique-t-il, son parcours est excellent et, franchement, je ne vois pas ce que l’on peut lui reprocher… » Quant à son départ du Pôle Leonard de Vinci, Chenva Tieu assure ne pas en connaître « les détails ». Mais il souligne que « les relations étaient devenues très tendues au fil du temps avec celui qui revendique la paternité de cette fac », Charles Pasqua…

Par Sophie de Ravinel

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