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PS : le grand vague à l’âme

Réunis en séminaire, les députés PS ont demandé à voir François Hollande.

Ça change, et ce n’est pas forcément pour lui déplaire. Jusqu’à présent, lorsque Jean-Marc Ayrault s’adressait aux députés socialistes, c’était plutôt pour leur rappeler qu’en tant que premier ministre, le chef de la majorité, c’était lui. Mais lundi, à l’Assemblée, à l’occasion d’un « séminaire de réflexion » organisé à huis clos, c’est à une séance de câlinothérapie que s’est livré Jean-Marc Ayrault face à des députés au moral indexé sur la courbe de popularité du chef de l’État : en chute libre et au plus bas. Ils souhaitent d’ailleurs rencontrer le chef de l’État pour lui exprimer directement leurs griefs. Mais pas question de le voir à l’Élysée. « Les députés, a indiqué leur chef de file Bruno Le Roux, s’ils rencontrent un jour le président de la République, ne répondront pas à une convocation, et en même temps, ils n’iront pas à l’Élysée, car le palais présidentiel est la maison de tous les Français et ne doit pas être utilisé à des fins partisanes. » Si la rencontre n’a pas encore été programmée, la liste des reproches est pourtant déjà longue. « Les députés ont aussi leur forme de souffrance au travail », a résumé le porte-parole du groupe, Thierry Mandon, avant ce séminaire aux allures de thérapie de groupe. Entre l’affaire Cahuzac et le débat sur la publication de leur patrimoine qui en a découlé, leur réticence à voter le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi, les opposants au mariage homosexuel qui contestent leur légitimité à légiférer sur le sujet, l’aile gauche du PS et Mélenchon qui ne cessent de mettre en cause la politique du gouvernement… les députés socialistes ne savent plus où ils en sont. Et ils vivent très mal l’impression de n’être qu’une chambre d’enregistrement. Pour Jérôme Guedj, un des chefs de file de la gauche du PS, « tout le monde en avait gros sur la patate du fonctionnement des choses entre les députés, les ministres, le gouvernement dans son ensemble ». Bref, au cours de ce séminaire, il s’agissait d’exprimer le « mal-être des députés, qui ont le sentiment de ne pas être suffisamment écoutés et d’intervenir en bout de chaîne, comme si le Parlement n’était pour l’exécutif qu’un point de passage obligé », selon Thierry Mandon.

Un an après l’élection de François Hollande, une partie des députés ne digère pas l’orientation résolument sociale-démocrate de Jean-Marc Ayrault. L’aile gauche du PS demande depuis plusieurs mois déjà à François Hollande une sorte de « choc de relance » par une « inversion des priorités ». En clair, halte à la rigueur et retour à la politique de dépense publique pour relancer l’activité. Un discours qui commence à déborder largement le seul cadre de l’aile gauche. Selon le député de l’Essonne Malek Boutih, « l’argument selon lequel il n’y aurait qu’une seule politique possible n’est pas recevable ». Or les députés ont le sentiment de se heurter systématiquement aux techniciens des cabinets ministériels, peu au fait de la réalité du terrain qu’eux-mêmes affrontent régulièrement dans leurs circonscriptions respectives. « Il y a une vraie demande d’écoute réciproque (...) On le dit gentiment, mais tout cela demande un immense effort quand même », a expliqué Christian Paul, animateur du collectif parlementaire de la Gauche durable. Malek Boutih a ainsi dénoncé, dans Le Parisien, l’importance accordée aux « experts » dans le gouvernement, et appelé l’exécutif « à redonner la parole aux élus ». Les députés ont le sentiment de ne pas être écoutés, comme si le Parlement n’était pour l’exécutif qu’un point de passage obligé. Pour Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, il y a un « message politique » à faire passer au premier ministre. « Ce que l’on attend de l’exécutif, c’est un discours plus fort, qui se projette vers l’avenir, qui assume plus ce que nous sommes », a-t-il dit lundi sur Canal +. Dans ce climat crépusculaire, chacun y va de son conseil à Hollande pour reprendre la main : resserrer le gouvernement, changer de premier ministre, prononcer un discours fort… Mais pour l’heure, le chef de l’État à fait un choix : ne rien changer. À des proches, il confiait récemment « qu’être président de la République appelle beaucoup de persévérance ».

Le Figaro Par François-Xavier Bourmaud

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