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Pierre Moscovici, le maillon faible de Bercy

Court-circuité par Jean-Marc Ayrault, qui a annoncé la remise à plat de la fiscalité sans le tenir informé, le ministre de l’Economie espère reprendre la main. Il défendra la réforme fiscale jeudi soir sur France2.

« Pierre n’a pas du tout apprécié ! » Les proches de Pierre Moscovici confirment que le ministre de l’Economie n’a pas digéré que Jean-Marc Ayrault le court-circuite en annonçant « une remise à plat de la fiscalité » sans l’informer. « C’est un coup du Premier ministre inquiet pour son avenir », grince un membre de l’équipe de Moscovici. « Pour sortir de la nasse, Ayrault a été obligé de s’aliéner Mosco », confirme un député.

Mais Moscovici n’a pas l’intention d’en rester là. « Il a pris un pain, mais ça ne durera pas, il a vite compris qu’il devait contre-attaquer », juge un député. Le ministre a commencé par avoir un entretien avec le chef du gouvernement. « Ils ont eu l’occasion de s’expliquer très franchement, il lui a clairement dit sa façon de penser », rapporte un proche. « Il n’a pas non plus aimé les annonces sur la réorganisation de Bercy », s’agace un élu. La semaine dernière, des fuites dévoilaient le départ de Ramon Fernandez, directeur du Trésor, ancien de l’administration Sarkozy, resté en poste. « Pierre estime qu’il a fait un travail remarquable et refuse qu’on le stigmatise. Annoncer son départ comme cela, c’est nul ! » regrette un conseiller.

Mis sur la touche, Moscovici a envisagé un instant d’annuler son voyage en Chine, prévu hier… le jour même du début des consultations des syndicats à Matignon sur la fiscalité. « Mais, diplomatiquement, c’est infaisable de décommander les Chinois », raconte un ami. Hier, il n’était donc pas aux côtés d’Ayrault pour les premières réunions. « Il n’empêche, c’est lui qui pilotera la réforme », veut croire son entourage.

Moscovici voudra démontrer dès jeudi qu’il reprend en main le dossier. Le ministre sera en effet l’invité de l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2. « C’est l’occasion de faire comprendre aux Français ce que peut être cette réforme fiscale, explique un membre de son cabinet. Encore faut-il prendre son temps et faire de la pédagogie. » Une façon aussi de se placer du côté de Hollande quand celui-ci, contrairement à Ayrault, parle d’une remise à plat qui « prendra le temps du quinquennat ».

Moscovici est bien décidé à jouer la carte de la loyauté au président. « Il est là pour servir Hollande et celui-ci le sait », traduit un soutien. « Le chef de l’Etat n’a approuvé que du bout des lèvres l’initiative d’Ayrault », souligne un ami de Moscovici. « Sur la fiscalité, Hollande et lui sont sur la même ligne », note un autre. Le président ne cache pourtant pas qu’il est déçu par le manque de présence de l’un des poids lourds du gouvernement. Ministres et parlementaires critiquent aussi régulièrement « sa transparence ».

« Beaucoup n’ont pas encore compris qu’aujourd’hui ce job a pris une dimension européenne plus importante, le défend Emeric Bréhier, député de Seine-et-Marne. Cela nécessite des rencontres internationales très chronophages, c’est sûr qu’il ne peut pas courir les plateaux de télévision. » « Moscovici a gagné la confiance de ses partenaires sur la scène internationale », renchérit Matthias Fekl, député PS (Lot-et-Garonne). Il lui reste à se montrer en première ligne sur la scène nationale s’il ne veut pas se laisser définitivement déborder.

Le Parisien Rosalie Lucas avec Eric Hacquemand

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