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Retraites : hormis la CFDT, la réforme est rejetée par les syndicats

Le texte présenté par le gouvernement a été vertement critiqué à la fois par les syndicats contestataires (CGT, FO) et par le Medef, tandis que la CFDT a salué des « mesures de justice ». Les réactions politiques sont mitigées.

La CGT n’a pas attendu très longtemps après les déclarations de Jean-Marc Ayrault sur les retraites pour se faire entendre : « Le Premier ministre a essuyé d’un revers de main les propositions de la CGT », a en effet affirmé Eric Aubin, secrétaire confédéral. « Plus que jamais la manifestation du 10 septembre », appelée par plusieurs centrales, dont la CGT, contre la réforme, « est nécessaire pour peser sur les choix », a-t-il ajouté, assurant que le syndicat n’avait « pas été entendue ». Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a estimé sur Europe 1 que l’allongement de la durée de cotisation après 2020, « n’est pas un signe d’espoir pour les jeunes ». « Le Premier ministre a pris les chaussons de M. Fillon puisqu’il prolonge ce qu’avait fait M. Fillon en 2003, à une époque où il n’était pas d’accord ». « Personne ne peut garantir que cette réforme sera la der des der, ce qui justifie qu’on appelle à mobiliser le 10 septembre ». Mailly s’est dit en revanche satifait de voir l’augmentation de la cotisation « privilégiée » à une hausse de la CSG, et la création d’un compte pénibilité, « quelque chose que nous demandions ». La CFDT s’est quant à elle félicitée mardi soir « des mesures de justice » obtenues. « La CFDT prend acte des efforts partagés et mesurés qui sont demandés et restera vigilante sur la concrétisation des mesures de justice annoncées », a-t-elle par ailleurs indiqué. Dans un entretien à paraître mercredi dans Le Figaro , le président du Medef Pierre Gattaz dénonce pour sa part « une ré­forme dangereuse qui n’est pas acceptable ». « À vrai dire, c’est même une ‘non-réforme’ : aucun problème structurel n’est résolu, explique-t-il. Le gouvernement ne fait que taxer, taxer. Il a fait le choix de la facilité de la fiscalité. Et donc le choix du chômage. 0,1 point de cotisation en plus, c’est 5.000 chômeurs en plus à horizon cinq ans et 10 .000 à horizon dix ans. En outre, non content de combler le déficit du seul régime général à l’horizon 2020 en ponctionnant essentiellement les entreprises, le gouvernement nous rajoute 2 ou 3 milliards de surcoût avec le compte pénibilité. Or la pénibilité ne doit pas être réglée par la retraite, mais en préventif. »

Des réactions politiques très contrastées

Du côté du PS, on se félicite en tout cas des annonces du premier ministre. La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a qualifié sur TF1 la nouvelle réforme des retraites de « courageuse » et « ambitieuse », estimant qu’elle est empreinte de « justice sociale ». Dans un communiqué, Harlem Désir, premier secrétaire du PS, a salué « une réforme de progrès social qui permettra de préserver notre système par répartition, de combler le déficit des régimes de retraite (...) et de faire progresser la justice au sein du système de retraites. Cette réforme correspond aux orientations et aux objectifs définis par le Parti socialiste » en juillet. Jean-Marie Le Guen, député socialiste, évoque aussi dans un communiqué d’une réforme « équilibrée » à laquelle il « adhère complètement ». « Elle est juste parce qu’elle s’attaque enfin sérieusement au problème de la pénibilité qui est la grande injustice de notre système de retraite. Elle est est efficace et durable grâce aux mesures sur l’âge et parce qu’elle ne pèsera sur le cout du travail », assure-t-il. David Assouline, sénateur et porte-parole du PS, a réagi sur Twitter : Pour Bruno Le Roux, président des députés PS, « la réforme des retraites (...) est une réforme globale, juste et progressiste. (...) Cette réforme tranche enfin avec les précédentes par son souci de concevoir un compromis fécond avec les partenaires sociaux. » Marie-Noëlle Lienemann, l’une des animatrices de l’aile gauche du PS, est, quant à elle, plus circonspecte : « Si des décisions positives sont prévues comme une véritable prise en compte de la pénibilité, du temps de travail des jeunes apprentis ou en contrats aidés, et de la situation des femmes en particulier celles qui travaillent à temps partiel, la décision de rallonger la durée de cotisations après 2020 va faire peser de graves risques de baisse des retraites de nos concitoyens », écrit dans un communiqué la sénatrice de Paris. Selon l’animatrice du courant Maintenant la gauche, « nous ne pouvons accepter un allongement d’un trimestre tous les 3 ans après 2020 et les 43 annuités en 2035 ». Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, a déclaré sur le plateau du JT de France 2 que « tout ce qu’a fait la droite, le gouvernement Hollande l’accepte, le valide ». « Ce qui commence tout de suite, c’est une baisse des salaires », a-t-il estimé. « Le chômage des seniors à partir de 55 ans continue à progresser. Ça veut dire que le trou que vous allez boucher dans la caisse des retraites, vous allez le creuser dans la caisse du chômage. C’est une politique de gribouille », a t-il ajouté. Du côté de l’opposition, Jean-François Copé, président de l’UMP, a affirmé sur TF1 que la réforme était « simplement une hausse de taxes qui va pénaliser le pouvoir d’achat des salariés ». « Le Premier ministre a jeté le masque et clairement fait la démonstration que ce n’était malheureusement pas une réforme des retraites, mais simplement une hausse de taxes, une hausse de cotisations qui en réalité va tenir lieu de réforme des retraites », a-t-il affirmé. Eric Ciotti, député UMP, a quant à lui dénoncé sur Twitter « un manque de courage » : « Une réforme, quelle réforme ? Les comptes pour 2020 n’y sont pas, rien n’est réglé à plus long terme, rien n’est fait pour rapprocher les régimes et assurer la justice et les Français vont payer davantage » a déclaré Hervé Mariton, député UMP et délégué général en charge du projet des retraites à l’UMP. « Le gouvernement achète, sur le dos des Français, un sursis de 3 ou 4 ans mais ne règle rien. Cette réformette n’est ni efficace ni juste ni durable », selon lui. Pour Guillaume Peltier, vice-président de l’UMP, « la grande réforme des retraites a accouché d’une souris ». « Premièrement, rien sur les régimes spéciaux qui coûtent à nos compatriotes des milliards d’euros chaque année. Rien sur l’alignement public et privé qui, là aussi, pénalise l’idée d’équité dans notre pays », a-t-il déclaré sur BFMTV. Hervé Morin, président du Nouveau centre, a réagi sur Twitter : Même ton chez l’ancien ministre Yves Jégo (UDI) : Pour Robert Rochefort, député européen et vice-président du MoDem, « il ne s’agit pas d’une réforme mais d’un ajustement comptable a minima qui bien sûr s’avérera très vite insuffisant ».

Le Figaro

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