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Sonnés, les socialistes se sentent « trahis » par Jérôme Cahuzac

Les responsables socialistes balançaient entre colère et consternation après les aveux de l’ex-ministre du Budget, qui a reconnu mardi avoir menti sur l’existence d’un compte à l’étranger.

« Les bras m’en tombent, je n’ai pas de mots. » Cette réaction à chaud du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en marge d’un déplacement à Marseille, résumait mardi soir l’état d’esprit des socialistes, sonnés par les aveux de l’ex-ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, qui a reconnu mardi avoir menti sur l’existence d’un compte à l’étranger. « C’est la stupeur ! », lançait le député PS de la Nièvre Christian Paul, contrit de devoir s’extirper des « vrais sujets » (l’examen par les députés du projet de loi sur la sécurisation de l’emploi) pour commenter l’affaire. « C’est inréagissable », renchérissait la tenante de l’aile gauche, Marie-Noëlle Lienneman, qui a même inventé un mot pour l’occasion. « Qu’il disparaisse de la politique »

C’est à l’Assemblée nationale, où les députés étaient « atterrés », « assommés », « révoltés », que les réactions ont été les plus dures. C’est dans l’Hémicycle que le ministre du Budget, admiré sur les bancs de la gauche pour sa pugnacité contre la droite, avait clamé son innocence, applaudi à tout rompre par les députés socialistes. Mardi, le porte-parole du groupe PS, Thierry Mandon, s’est montré intraitable, jugeant que l’ex-ministre, qui peut théoriquement retrouver son siège de député d’ici à la fin du mois, était « disqualifié moralement » pour « revendiquer un mandat de parlementaire ». « Qu’il n’imagine pas côtoyer ceux et celles qu’il a trompés, a réagi le député de l’Essonne. Nous ne voulons pas qu’il siège à nos côtés. Qu’il disparaisse de la vie politique, c’est tout. Il a menti à la France, au travers de sa représentation nationale, c’est inqualifiable. » Pour Mandon, il n’y a pas de « pardon » qui tienne : « Nous ne sommes pas aux États-Unis ! Que Jérôme Cahuzac tire les leçons de son comportement, qu’il redevienne chirurgien s’il le souhaite. Sa parole n’a plus aucun pouvoir. Ce pardon, c’est aussi son retrait de la vie politique nationale. » Le député Carlos Da Silva, proche du premier secrétaire du PS, enfonce le clou : « C’est très grave. C’est indigne d’un ministre de la République. Le fait qu’il avoue est bien le seul mérite qu’on puisse lui trouver. » « Un menteur professionnel, ajoute le député Malek Boutih. Il a scotché tout le monde ! »

« C’est très grave. C’est indigne d’un ministre de la République. Le fait qu’il avoue est bien le seul mérite qu’on puisse lui trouver » Carlos Da Silva, député PS

Le porte-parole du PS, David Assouline, qui devait tenir un point presse mardi en fin d’après-midi pour dénoncer la « radicalisation » de la droite, a dû changer de braquet pour commenter une affaire qui entache la « République exemplaire » revendiquée par François Hollande. Le sénateur PS, qui avait dû prendre la défense du ministre du Budget avant que celui-ci ne quitte le gouvernement, a fait part de la réaction du premier secrétaire, Harlem Désir, « stupéfait » et « choqué » par des faits « inacceptables » et le « mensonge ». « Il va de soi qu’à notre avis Jérôme Cahuzac doit aussi tirer les conclusions de cet aveu en ne prétendant pas revenir comme député à l’Assemblée nationale », a poursuivi le porte-parole. Avant d’exécuter l’ancien ministre. « Pour nous, il est évident qu’il s’est mis de facto en dehors du Parti socialiste. » Au-delà de la froide colère, certains socialistes s’interrogeaient mezza voce sur l’attitude de François Hollande dans cette affaire. Après un premier ministre qui se fait insulter par l’un de ses ministres (Arnaud Montebourg) et qui le reconnaît sans ambages dans une interview au JDD, voilà un président de la République à qui un autre ministre (Cahuzac) ment les yeux dans les yeux. Dans les coulisses du gouvernement, une certaine « naïveté » était pointée. « Le président de la République avait les moyens de savoir, note ainsi un conseiller ministériel. Il n’a pas utilisé tous les moyens (les services de renseignements, NDLR) pour savoir. A-t-il cru ce que lui avait dit Cahuzac ? A-t-il réagi en honnête homme ? Ce n’était pourtant pas très sorcier de se renseigner. »

Le Figaro Solenn de Royer

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