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Tribune - Novembre 2013 : Réforme des rythmes scolaires : quel gâchis !

17 mai 2012. Le jour de sa prise de fonction, Vincent Peillon, nouveau Ministre de l’Education nationale invité sur les ondes, se précipite, s’empresse et s’avance, pour ne plus reculer.

Alors que le 1er Conseil des ministres n’a pas encore eu lieu, il annonce une réforme des rythmes scolaires et la fin de la semaine de 4 jours. Le tout pour la rentrée 2013 ! Recadré par le Premier ministre, puis par les enseignants, parents et élus locaux, aujourd’hui, il persiste, signe et s’en-tête.

Ce n’est pas la première fois qu’un ministre de l’Education nationale cherche à se distinguer. Pas de surprise donc. D’autant plus que le groupe UMP – Val-de-Marne Autrement n’est pas contre une réforme des rythmes scolaires. Mais le manque absolu de concertation d’un gouvernement qui avait promis d’instaurer le dialogue social, notamment avec les « corps intermédiaires », est surprenant. Septembre 2013. L’heure de la rentrée a sonné, les premières leçons peuvent d’ores et déjà en être tirées.

-  Un véritable « casse-tête » à mettre en place Bien entendu, une réforme sans changement n’en est pas une. Il fallait s’attendre à des bouleversements. Mais remettre à plat l’organisation d’une semaine dépasse les simples tracas quotidiens. Les questions concernent les parents, les associations, les assistantes maternelles, les professeurs, les élus… Comment revoir le mode de garde pour le temps libre, alors qu’il s’agit déjà d’une problématique à part entière ? Qui supervisera la concertation avec les associations qui craignent de voir leurs adhésions chuter et devront adapter leurs créneaux d’activité ? Comment optimiser l’utilisation des salles municipales ? Quelles activités périscolaires proposer, à réelle valeur ajoutée pour l’enfant ? Quel profil d’animateur recruter ? Voilà autant d’interrogations, loin d’être anodines, qu’il va falloir traiter.

-  A l’origine de nouvelles inégalités territoriales Puisqu’il incombe à chaque commune de s’organiser, tous les enfants de l’école de la République ne bénéficieront pas, in fine, des mêmes activités. Certains ne feront rien, quand certains découvriront des sports originaux ou développeront leurs talents en présence d’intervenants de qualité. Où est cette justice sociale promise par la gauche ? Cette réforme est contraire aux valeurs que nous défendons.

-  Un impact financier démesuré pour les communes, une source supplémentaire d’impôts ? Le coût total de cette réforme est estimé à 700 millions d’euros par an. Pour une ville de 15 000 habitants, il peut s’élever jusqu’à 300 000 euros par an. En effet, c’est à la ville de déployer des moyens complémentaires pour l’encadrement, les activités, l’entretien des locaux, la restauration, etc. Dans un contexte de restrictions budgétaires, ces nouvelles dépenses sont considérables et vont peser lourdement sur les budgets des communes. Ne nous y trompons pas ! Il s’agit d’un transfert de charges déguisé de l’Etat vers les communes. L’Etat renouvèle en 2014 l’aide accordée aux municipalités pour le financement de cette réforme. Mais il ne s’agit que d’une « mesurette ». Non seulement cette aide est insuffisante pour couvrir l’ensemble des dépenses, mais l’Etat ne s’est engagé à rien pour les années suivantes. En 2014, les villes qui n’auront pas pu faire face à ces charges se verront contraintes d’augmenter les impôts locaux. Tout ceci est inacceptable.

-  Les bienfaits pour l’enfant restent à prouver Avec toutes les études chrono-biologiques déjà réalisées, il aurait été possible de réfléchir aux différences de traitement dont pouvaient bénéficier les petites sections de maternelles. Avec un tel rythme, les plus jeunes rentrent chez eux exténués. Difficile de les réveiller le matin, problèmes de concentration, assimilation des enseignements plus complexe.

Dans l’intérêt de l’élève, il est évident qu’une réforme structurelle des temps scolaires est nécessaire. La France a des années de retard : nos enfants sont confrontés à un monde professionnel toujours plus international, toujours plus compétitif. Cela devient urgent !

Mais réformer le temps scolaire ne se limite pas à l’organisation hebdomadaire. Il faut maîtriser l’articulation de trois axes : le scolaire, le périscolaire et le repos, avec comme variables le quotidien, l’hebdomadaire et l’annuel. Remettons l’épanouissement de l’élève au centre de la réflexion.

Face à ce bilan, un report de la réforme s’impose. Une concertation de tous les acteurs doit avoir lieu rapidement. Le groupe UMP – Val-de-Marne Autrement est favorable à une réforme, encore faut-il qu’elle résulte d’une réflexion préalable.

Dominique ROBLIN Premier adjoint au Maire de Bry-sur-Marne Conseiller général de Bry-sur-Marne

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