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Un site internet veut favoriser la démocratie participative

Lancée mercredi, la plateforme web « Parlement & citoyens » vise à associer directement les citoyens à l’élaboration de propositions de loi. Six parlementaires de divers bords politiques se lancent dans cette aventure inédite.

Un exercice de démocratie participative inédit. Six parlementaires de tous bords s’apprêtent à prendre part à un projet innovant : associer des citoyens dans l’élaboration de leurs propositions de loi (PPL). Les députés Dominique Raimbourg (PS), Marion Maréchal-Le Pen (FN), Bruno Le Maire (UMP), Bertrand Pancher (UDI), André Chassaigne (PCF) et le sénateur Joël Labbé (EELV) participeront mercredi au lancement du site internet « Parlement & Citoyens » à l’Assemblée nationale. Chacun d’entre eux présentera son projet de PPL, jusqu’alors tenu secret. À l’issue de la conférence de presse, c’est Bruno Le Maire qui ouvrira le bal, en publiant sur la plateforme l’objet de sa PPL, dès lors soumis aux réactions des internautes.

« Le point de départ de ce projet, c’est la crise de confiance dans la politique et dans l’efficacité des politiques publiques », explique Cyril Lage, le directeur de l’association Smartgov, qui porte cette initiative citoyenne. Celui-ci a réfléchi pendant près de dix ans, avant de tenir la méthodologie de son projet, en 2009. « A la base, je voulais que les citoyens puissent contrebalancer la parole politique. Mais ce n’était pas suffisant, souligne-t-il. Au lieu de simplement dénoncer ce qui va mal, il était plus intelligent de créer un outil à destination des parlementaires afin qu’ils travaillent en toute transparence ». Et Cyril Lage d’insister : « On a tout de suite compris qu’on mettait le doigt au bon endroit vu l’intérêt des élus pour le projet ! ». Un engouement partagé par les citoyens, dont les inscriptions augmentent depuis le lancement de la campagne de communication il y a deux semaines. D’une trentaine par jour au début, le nombre d’inscrits quotidien est grimpé à une centaine en fin de semaine dernière.

Une initiative « indépendante » Au cœur du projet également : la participation de cinq clubs politiques de toutes tendances, de la fondation Jean Jaurès classée à gauche, à Idées Nation, le think-tank du FN dirigé par Louis Aliot. Un moyen, pour Cyril Lage, de renforcer l’indépendance de l’initiative. « Partenaires de « Parlement & Citoyens », ils vont jouer le rôle de garants et mettre leurs ressources à la disposition des parlementaires pour les aider dans l’élaboration de leur PPL », détaille le porte-parole du projet, bénévole, comme les quatre autres membres de l’association.

Le dialogue entre élus et citoyens - véritable « démocratie délibérative » selon Cyril Lage - se déroule en plusieurs étapes. Après la mise en ligne d’un projet de PPL (problème à résoudre, causes, enjeux, solutions proposées, moyens nécessaires et coûts), les internautes répondent à son instigateur élément par élément. Si les commentaires des citoyens sont tous publics, ils ne peuvent pas en revanche se répondre entre eux. « Il ne s’agit pas d’un forum », précise Cyril Lage, qui souhaitait « éviter les logiques d’affrontements ». Quatre à cinq semaines après ces échanges, l’équipe de la plateforme rédige une synthèse, en reprenant les arguments de chaque camp. Suit un débat vidéo entre l’élu et une dizaine d’internautes diffusé sur le site. À la fin de ces étapes, le politique rédige sa PPL, la publie et explique ses choix en vidéo. Dernière phase : celle de la mobilisation et du suivi. Les internautes ont la possibilité d’apporter ou non leur soutien en ligne à la proposition de l’élu ou éventuellement de demander la cosignature de leur député ou sénateur. Le cheminement de la proposition à l’Assemblée est ensuite retracé sur la plateforme.

« Imbroglio entre partis » Avant même son lancement officiel, « Parlement & Citoyens » a déjà connu une première polémique. La fondation Gabriel Péri, proche du PCF, avait annoncé vendredi son retrait du projet, après des propos de Louis Aliot, le vice-président du FN et président du think-tank Idées Nation. Celui-ci s’était réjoui d’être associé à l’initiative, une « victoire » selon lui pour le parti frontiste. « Nous n’entendons pas de près ou de loin participer à la banalisation des idées du Front national », avait réagi le président de Gabriel Péri, Alain Obadia. La situation semblait toutefois apaisée mardi, la fondation ayant affirmé à Cyril Lage qu’elle restait impliquée dans « Parlement & Citoyens », mais refusait de participer à la conférence de presse de mercredi pour marquer sa désapprobation vis-à-vis de l’« instrumentalisation » faite par le Front national.

Samedi, le député PCF André Chassaigne avait à son tour réagi, accusant lui aussi le parti d’extrême droite d’« instrumentaliser » cet évènement « pour promouvoir ses propres propositions, dont l’essence et les objectifs sont manifestement contraires à nos principes et valeurs ». « Je préfère en conséquence m’abstenir de participer à cette conférence de presse, plutôt que de jouer le jeu d’un parti ouvertement antirépublicain et antidémocratique », avait ajouté l’élu, sans annoncer son retrait du projet global.

Cyril Lage préfère de son côté temporiser, affirmant que le projet n’est pas remis en cause par « cet imbroglio entre partis ». La conférence de presse sera ouverte à 17 heures mercredi par Martin Hirsch, le président de l’Agence du service civique. Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) la conclura.

Le Figaro Par Marion Brunet

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