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Une situation qui devient intenable

Jusqu’où la crise politique peut-elle entraîner le chef de l’Etat et son Premier ministre ? Et surtout, comment peuvent-ils redresser la situation ?

Hollande et Ayrault critiqués dans leur camp. La droite ne se prive évidemment pas de crier à la « complicité » ou à la « candeur » du couple exécutif. Problème pour le président et son Premier ministre, ce refrain est également entendu dans leur propre camp. « Visiblement, ils ont été négligents dans cette affaire et cela vient une nouvelle fois nourrir le sentiment d’amateurisme qui colle à l’exécutif », grince un conseiller de ministre. « On a l’impression qu’une fois de plus, ils n’ont pas fait gaffe », craint un autre. « C’est inquiétant qu’ils ne soient pas allés vérifier si Cahuzac leur disait bien la vérité », peste cet élu. « Et comment auraient-ils pu faire ? » les défend le député Edouardo Rihan-Cypel. Souci supplémentaire pour l’Elysée et Matignon, Pierre Moscovici, un des poids lourds du gouvernement, se retrouve désormais ciblé par la droite qui l’accuse d’avoir couvert son collègue.

L’idée d’un remaniement fait son chemin. « Ce n’est pas un projet de loi qui va changer le problème », s’inquiète un élu francilien à propos des réformes annoncées hier matin par le président. « Il n’y a qu’une chose maintenant pour s’en sortir : un remaniement, lâche un député. L’idée était déjà dans l’air avant l’affaire Cahuzac, avec l’option d’un gouvernement resserré, et des têtes nouvelles. » Et cet élu d’insister : « Certains ministres ont l’air tellement usés qu’on a l’impression qu’ils sont là depuis dix ans alors que cela ne fait qu’onze mois ! Il faut créer un big bang en mettant en place un gouvernement de combat », juge également un membre de cabinet, qui imagine, comme d’autres, un « commando » de 17 membres. A ses visiteurs du soir, le président lui-même a confié ne plus vouloir refaire les mêmes erreurs. A trop chercher à respecter les équilibres du PS, il a fait rentrer dans le gouvernement des personnes qui n’y avaient pas leur place. D’où une idée qui se répand : « Ne garder que les meilleurs ! »

Les options possibles. « Remanier, pourquoi pas ? glisse un député peu convaincu. Mais pour mettre qui ? » C’est le problème pour Hollande, il ne lui reste pas de poids lourd à faire entrer. Ségolène Royal ? Des proches du président estiment que nommer son ancienne compagne ministre ne lui attirerait que des ennuis. Martine Aubry ? La maire de Lille est pour l’instant toujours affaiblie par sa mise en examen dans l’affaire de l’amiante. Quand bien même, l’ancienne rivale de Hollande aux primaires a toujours martelé que pour elle, c’était Matignon ou rien. Et le président n’est pas prêt à cette « cohabitation ».

D’autres font leur petit bonhomme de chemin. Bon élève du hollandisme, Michel Sapin joue gros : si le ministre du Travail réussit à faire voter sans encombre cette semaine le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi, alors sa côte montera un peu plus. « C’est un de nos meilleurs ministres », dit sans ambages Claude Bartolone, le président de l’Assemblee nationale. Le nom de Pascal Lamy, l’ancien président de l’Organisation mondiale du commerce, se chuchote également. Mais ce serait une vraie déclaration de guerre à… Jean-Luc Melenchon.

L’Elysée reste prudent. Reste à trouver la bonne fenêtre de tir : avant ou après l’été ? En attendant, Hollande consulte, écoute. Et dans la majorité, tout le monde ne croit pas aux vertus d’un remaniement. « Cela participerait à la confusion des esprits », estime le conseiller régional François Kalfon. « Juste après les aveux Cahuzac, cela apparaîtrait comme une punition pour les ministres qui partiraient, juge un député. Il ne faut surtout pas faire ça à chaud. » Mardi soir, dans le bureau du chef de l’Etat, la question n’aurait pas été abordée par ses principaux collaborateurs. « Dans une période de crise comme celle que nous traversons, la France a besoin de stabilité », coupe court Pierre-René Lemas, le secrétaire général de l’Elysée. Et pour plusieurs conseillers, ça n’aurait aucun avantage politique. « La droite nous dirait ils ne pensent qu’aux postes et l’extreme gauche de toute façon ils ne changent pas de politique », glisse un proche collaborateur du chef de l’Etat. Alors autant faire le dos rond et ne rien changer. Pour l’instant…

Le Parisien Éric Hacquemand et Rosalie Lucas

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